Pays chaoui en Tunisie : de quelques idées reçues

On fait dire que la frontière des Aurès s’arrête à quelques encablures de Négrine, dépassant à  peine l’actuelle frontière tunisienne.

C’est mentir car le pays chaoui connu dès l’Antiquité sous le nom d’Aurasius mons, toponyme berbère signifiant « la montagne fauve », s’étend bien au delà de ce découpage géographique colonial. Il englobe tout le versant de la Tunisie méridionale qui comprend Gafsa (le berceau de la civilisation capsienne), le Nefzaoua (Kbeli…), les Grands Canyons de Tunisie, Midès et Tamezra (Ad Turres), Nefta (Zâfrane), le Chott el Jerid…

Les habitants actuels Tunisiens ou Algériens sont appelés Ichawiyen, Chaouis ou Aurassiens.

Stéphane ARRAMI

 

Stéphane ARRAMI, mes liens avec la Tunisie, la Kabylie et Tamazgha

Une jeunesse en Tunisie, de double nationalité je peux agir pour la valorisation du patrimoine amazigh aussi bien en France qu’en Tunisie.

De père kabyle (en Kabylie) j’ai aussi fondé le site Kabyle.com dans un long processus de recherche de mes origines. N’étant pas de nationalité algérienne mais bien kabyle, je me considère aussi de nationalité kabyle.

Beaucoup de Kabyles se voient à juste cause comme apatrides du fait de la colonisation de la Kabylie par l’Algérie. En 1857 l’empire colonial Français a fait perdre à la Kabylie sa souveraineté. Les chefs kabyles, « la matière grise » de la Kabylie ont été tués ou déportés en 1871, des milliers de Kabyles ont pris le chemin de l’exil, notamment en Tunisie, ce qui n’est pas le cas de ma famille. Nous pouvons parfaitement être kabyle sans être algérien, j’en suis la preuve vivante ! Un siècle plus tard nous revivons !

En France il n’y a pas de limites aux nationalités cumulées.

J’agis pour le recouvrement des droits des Amazighs privés de leurs droits les plus fondamentaux. Le travail accompli depuis 20 ans a servi à une meilleure reconnaissance de l’amazighité en Afrique du Nord, a accéléré son officialisation. Le chemin vers la liberté est encore long, semé d’embûches.

J’ai fait le serment de consacrer ma vie à Tamazgha, l’édification des Etats-Unis d’Afrique du Nord où la Kabylie et la Tunisie seront deux Etats phares d’un Commonwealth nord-africain (Communautés des Nations), d’aider à sa culture et sa civilisation à rayonner dans le monde!

Stéphane Arrami

En Tunisie, les Amazighs font entendre leurs voix

Longtemps marginalisés, ignorés par le pouvoir tunisien acquis à l’idéologie arabo-musulmane, les Amazighs en Tunisie tentent aujourd’hui de redonner corps à leur histoire et leur identité au sein de la société tunisienne espérant que celle-ci en tienne compte pour les années voir mêmes les siècles à venir.

Un vrai mouvement de fond s’est amorcé depuis mars 2011. Il a conduit à la création des premières associations amazighes en Tunisie (ACAT, Association de Protection du Patrimoine de Tamazret, FAT…) jusqu’à l’organisation du 6e Congrès Mondial Amazigh à Djerba.

Appuyés par l’émergence des Amazighs en pays libyen, déterminés pour que « la vérité sur la langue et la culture amazighe soit enfin rétablie » plusieurs dizaines de personnes venues de Béja, Siliana, Kairouan, Sousse, Djerba, Tamazret, Chenini, Tattawin et Douiret se sont retrouvées ce dimanche 25 décembre 2011 à Tunis pour faire entendre leur voix.  Cette manifestation émane directement de Facebook.

Tous tiennent à ce que « la culture amazighe fasse partie intégrante du caractère national et il pour cela il est tout à fait de la responsabilité nationale que tous les Tunisiens évitent les perpétuelles erreurs du passé ».

Les nouvelles autorités tunisiennes ne pourront plus ignorer cette réalité berbère et devront en tenir compte notamment dans leur élaboration de la nouvelle constitution. Les Tunisiens sont en droit de voir leurs droits linguistiques et culturels reconnus, avec l’officialisation de tamazight effective dans les médias et dans l’enseignement.

Stéphane ARRAMI

Sur l’écriteau « La vérité, la culture amazighe »

Sources photographie : FB

Rachid RAHA écrit à l’Association Tunisienne de Culture Amazighe

Chère amie Khadija BEN SAADANE,

Présidente de l’Association Amazighe de Tunisie,

Excusez-moi de vous avoir écrit un peu tard mais il fallait que je vous interpelle sur une question d’une importance capitale pour vous et pour tous les membres de votre nouvelle association amazighe. Nous vous félicitons vivement de l’avoir créée après votre admirable révolution du jasmin.

J’aimerais bien vous prévenir des conséquences catastrophiques que vous pouvez avoir en collaborant avec certaines personnes qui continuent à usurper le nom de notre ONG le Congrès Mondial Amazigh. Il parait qu’ils veulent vous impliquer dans la préparation d’un 6ème congrès parallèle chez vous lorsque celui-ci est déjà décidé et prévu dans la région de Souss, au sud du Maroc, les 25, 26 et 27 novembre prochains et auquel nous vous invitons volontiers à y participer, et ça nous ferait un trés grand plaisir votre présence et participation.

Ces personnes veulent faire avec vous ce qu’elles ont fait au Maroc en octobre 2008. Au lieu d’aller en Algérie, en respectant les décisions des instances du CMA, elles ont préféré faire le jeu du ministre de l’intérieur marocain à l’époque, Fouad Ali El Himma, et de son complice et bras droit M. Ilyas El Omari, qui vient de vous inviter à Tanger. Ce dernier n’a pas râté l’occasion de vous impliquer déjà dans une nouvelle organisation internationale amazighe et qui a choqué tous les militants amazighs nobles du Maroc.

Tout le monde se demande comment se fait-il qu’une militante de Tunisie, d’un pays qui vient de se libérer de son dictateur, s’allie avec une figure du Makhzen très problématique et de la corruption que les jeunes du mouvement 20 février essaient de combattre !!! (voir en pièce jointe un reportage sur la dite personne faite par la revue en français de Rachid Niny et qui le pauvre paie les frais par la prison). Lisez aussi ceci almassae.press.ma/node/20822 Pour savoir plus de détails avec qui avez-vous à faire !!!). Et c’est le même personnage avec qui l’ancien président du CMA avait décidé d’organiser son congrès parallèle à Meknes et que vous venez de recevoir chez vous afin de vous convaincre d’organiser un autre chez vous, en vous promettant bien des financements.

Afin de bien connaitre les acteurs, je vous prie de lire attentivement mon écrit de protestation avant de faire un faux pas sur Kabyle.com.

Posez la question directement aux intéressés : où se sont volatilisés les 30.000 Euros octroyés par la Coopération Catalane ? Où sont les factures ? Aucune n’a été fournie jusqu’à maintenant (un fait qui m’a été confirmé lors de mon dernier voyage à Barcelone le 16 mai dernier et à propos duquel nous allons le poursuivre en justice, à côté d’autres accusations en cours comme celle de l’utilisation de notre ONG à des fins de l’immigration clandestine)?

En définitive, laissez-moi vous exprimer notre profonde tristesse en vous insistant à vous dire que le fait de recevoir et de s’afficher à côté de ces personnages porte bien atteinte à votre personnalité et porte aussi atteinte à l’image de votre association que vous venez de créer. Et il n’est pas trop tard de rectifier et de revoir vos alliances.

Ne continuez pas, chére amie Khadija Ben Saadane, à blanchir des personnes corrompues qui ont fait (et qui continuent à faire) beaucoup, beaucoup et beaucoup du mal à l’amazighité et aux imazighen.

Mes salutations les plus solidaires.

Rachid Raha, Membre fondateur du CMA, président du CMA d’août 1999 à août 2002 et d’octobre 2008 à novembre 2009, actuellement vice-président

Rabat, le 24 Août 2011