Tunisie : Les potières amazighes de Sejnane à l’honneur

Lors de sa 13 ème session qui s’est déroulée à Port Louis sur l’ile Maurice du 26 novembre au 1 er décembre 2018, le comité de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco a décidé l’inscription des savoir-faire liés à la poterie des femmes de Sejnane en Tunisie, sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.Le comité note que le savoir-faire des potières et la fabrication des poteries de Sejnane «est une tradition vivante, profondément enracinée dans la vie de la communauté et perçue comme faisant partie de l’identité locale». Selon le comité, cette activité traditionnelle «renforce les relations sociales au sein des familles et de la société et met en évidence le lien étroit qui existe entre le développement durable et l’identité culturelle, la dimension socio-économique et le rôle crucial que les compétences traditionnelles jouent dans le développement local». Afin de préserver l’authenticité de ces poteries et d’éviter de les dénaturer, le comité a mis en garde le gouvernement tunisien contre «le risque élevé de commercialisation excessive» de ce patrimoine et l’a vivement «encouragé à se concentrer sur ses aspects sociaux et culturels». Il a également invité l’Etat à élaborer et/ou à mettre à jour l’inventaire du patrimoine national, conformément à convention internationale pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.Le Congrès Mondial Amazigh (CMA) qui a déjà rendu visite aux potières dans leur village de Sejnane dans le nord de la Tunisie, se réjouit naturellement de cette reconnaissance et félicite chaleureusement ces femmes courageuses gardiennes d’un art ancestral qui ont compris la valeur de ce capital socioculturel unique et l’ont conservé vivant pour le transmettre aux générations futures. Elles prouvent ainsi que le génie autochtone souvent méprisé par la pseudo-modernité, peut traverser les temps et trouver sa place dans l’universel.Par ailleurs, le CMA note et déplore le fait que le dossier soumis par le gouvernement tunisien à l’Unesco soit truffé d’omissions et approximations qui conduisent volontairement ou par ignorance, à occulter la dimension autochtone amazighe de ce patrimoine.Ainsi, dans tout le dossier il n’est nulle part mentionné qu’il s’agit là, d’un patrimoine typiquement amazigh que l’on retrouve d’ailleurs à l’identique dans d’autres régions amazighes notamment en Kabylie, dans l’Aurès, au Rif, dans l’Adrar Infussen, etc. Le dossier tunisien entretient le flou sur l’origine de ce patrimoine, présenté tantôt comme «berbère», tantôt comme «maghrébin» ou «local». Pourtant, les potières de Sejnane sont des témoins vivants de leur identité amazighe, tant elles s’identifient elles-mêmes comme des Amazighes et qu’elles portent leur amazighité sur elles avec leurs habits, leurs coutumes, leurs chants et leur mode de vie typiques.A la question posée par l’Unesco sur le «nom de l’élément présenté, dans la langue et l’écriture de la communauté concernée», les rédacteurs tunisiens répondent en langue et écriture arabes, ce qui laisse entendre que les femmes de Sejnane seraient des Arabes.Le CMA a également observé que pour élaborer le dossier soumis à l’Unesco, une vingtaine d’associations ont été consultées mais parmi elles aucune n’est amazighe ou spécialisée dans la promotion de la culture amazighe.Enfin, alors que le droit international prévoit que les peuples autochtones ont le droit de «préserver et de protéger leurs pratiques, leurs connaissances et leur patrimoine culturel», le dossier présenté par le gouvernement tunisien mentionne qu’il n’y a aucune mesure destinée à «limiter de quelque manière que ce soit l’accès aux savoir et savoir-faire liés à la poterie des femmes de Sejnane».Autrement dit, les poteries de Sejnane peuvent être copiées librement, ce qui constitue un pillage de la «propriété intellectuelle» des femmes de cette communauté et une atteinte à la valeur historique et culturelle de ces poteries.Pour l’ensemble de ces motifs, le CMA prévoit d’interpeller à la fois l’Unesco et le gouvernement tunisien sur la nécessité de prendre immédiatement des mesures dans le but de protéger les droits et les intérêts des potières de Sejnane et pour mettre un terme à ce qui s’apparente à une falsification de l’histoire et de la culture amazighes.Tunis, 1/12/2968 – 12/12/2018

Situation des Amazighs en Tunisie

L’identité amazighe n’est toujours pas reconnue dans la Constitution tunisienne

La loi tunisienne interdit tout recensement basé sur l’ethnie, la langue, la religion. Dans le préambule et l’article 1 de sa constitution la Tunisie maintient son peuple dans le carcan de l’islam religion de l’occupant de l’Ifriqiya ⵉⴼⵔⵉⵇⵢⴰ, de l’identité arabo-musulmane.

Cette constitution précise que « le peuple reste attaché à la religion et aux principes de l’Islam. La Tunisie est un État libre, indépendant et souverain, l’Islam est sa religion, l’arabe sa langue et la République son régime », ou encore que  » la Tunisie doit participer à l’unification du monde arabe ». Cette constitution entre en contradiction avec le droit international, participe de l’ethnocide des Amazighs, c’est-à-dire à la mort programmée d’une langue et d’une culture.

Les études linguistiques des parlers berbères en Tunisie sont quasi inexistantes, les livres Amazighs toujours censurés.

Une politique linguistique linguicide multi-coloniale

La politique d’arabisation enclenchée en 1956 a partiellement arabisé les zones de Tamazret, Matmata, Guermassa, Guellala, Chenini, Douiret, Zraoua, Taoujout, Tamazret, Sedouikech, Ajim, Oued Zeib, Douiret, Ras El Oued, Bir Thlathine Jarjer, Ghomrassen, Toujane, Sened, Majoura, Ouesslat. Ces villages sont progressivement arabisés.

Un grand nombre de toponymes ont été « arabisés » par décision officielle. La colonisation de peuplement ce poursuit à ce jour dans les villages de Djerba.

Les personnes âgées continuent de parler la langue amazighe, la chelha est enseignée dans certains villages de la région de Matmata.

Historiquement la situation économique et sociale des régions défavorisées a entraîné un exode rural massif vers les villes, prioritairement vers Gabès, Sfax et Tunis depuis la colonisation française dans les années 30.

Tunisie Berbère s’engage dans un processus de vulgarisation et de réappropriation de l’identité amazighe en Tunisie.

Les locuteurs des langues amazighes en Tunisie (500.000) vivent essentiellement dans le sud tunisien, dans les hautes steppes de l’Atlas Tellien et les régions montagneuses du nord-ouest du pays.

Tunisie Berbère passe en Drupal 8 et Licence CC 100% Culture

Notre site utilise le logiciel Open Source Drupal 8 depuis ce lundi 1er octobre 2018.

Tunisie berbère est disponible en langue amazigh unifiée (extension ber) ainsi qu’en anglais.

https://tunisie-berbere.com/ber

Parmi les nouveautés :

  1. Les forums sont reconstruits disponibles par le menu principal « Discussions ».
  2. Les contenus sont placés comme œuvres culturelles gratuites et libres participant à la création d’un patrimoine commun de matériaux librement réutilisables (Licence Creative Commons 100% Culture)
  3. Une liste des participants au site. La plupart des contibutions viennent pour le moment des universitaires et doctorants
  4. Version multilingue Français/Tamazight/Anglais

 

Stéphane ARRAMI : « L’essentiel est d’officialiser tamazight en Tunisie dans une vision globale nord-africaine »

Jules Michto (Tel Quel) : Tout d’abord, pouvez-vous vous présenter ?

Stéphane ARRAMI : Informaticien et communicant de métier, j’ai eu la chance de réaliser les portails pionniers de l’internet amazigh tels que Tunisie Amazigh et Kabyle.com. Ce travail passionnant se construit grâce au soutien des militants de par le monde entier.

La recherche de mes origines kabylo-normandes a été un déclencheur. Mon père est originaire d’un village dans les hauteurs d’Amizour en Kabylie. J’ai vécu la plus grande partie de ma jeunesse à Tunis et ma famille adoptive vient d’un village berbère proche de Djerba et Mednine. Les personnes qui ont quitté ce village avant le développement de l’état civil en ont conservé le patronyme. Je garde le souvenir d’une visite à Arram dans les années 80. On était subjugué d’être aussi chaleureusement accueillis par des villageois fiers de leurs racines qui pour certains étaient blonds aux yeux verts ! En visitant Djerba cette année j’ai pu me rendre compte combien la toponymie, les noms de rivières, des villages (Irifiyen) avaient gardé leur cachet authentique.

De nationalité franco-tunisienne et bien que résidant aujourd’hui à Lyon, je compte faire valoir nos droits d’amazighs tunisiens. Je me considère autant citoyen de ce pays que celui du nouvel Etat régional ou national, … un peu sur le modèle catalan, que nous bâtissons en Kabylie. Vous comprendrez aisément que comme beaucoup d’enfants de couples mixtes je suis un farouche adversaire de ceux qui prônent la nationalité unique, la langue unique, sans être pour autant un ultraréactionnaire.

Aujourd’hui je suis devenu l’un des représentants diaspora du Conseil National Kabyle CNK basé en Kabylie et chargé par les jeunes associations amazighes de Tunisie de leur apporter un appui international avec la TAFAT (Fondation Amazighe de Tunisie – la lumière en berbère, tamazight matetfech tamazight ne s’éteint pas). J’accompagne Dda Tayeb Larvi et Azru Loukad anciens cadres du MAK qui continuent de rassembler au sein du mouvement autonomiste.

Je présenterai prochainement une exposition itinérante sur la thématique des Tunisiens Berbères. Je construis aussi avec la participation d’un ami sur Lyon un premier dictionnaire interactif nord-africain.* 

Slah Ben Mimoun Association amazighe de la Culture et du Patrimoine Djerba (à gauche) – Stéphane Arrami @Numidviking.

Pourquoi la Tunisie n’a t-elle pas selon vous connu de « printemps berbère » à l’instar de l’Algérie ou du Maroc? Pourquoi le mouvement amazigh y est il si faible?

La conscience identitaire n’est pas tout à fait la même. La Tunisie n’a pas encore d’imminentes personnalités berbérisantes capables de produire, de créer, ni de journalistes, de chanteurs artistes et des écrivains qui s’affirment comme tel.

Les militants kabyles ont-ils pu seulement s’exprimer en Tunisie ces dernières années ? J’aurai aimé voir un Mokrane Chemim militant kabyle des années 80 qui édite des manuels de calcul et de grammaire, des lexiques, intervenir plus souvent à Tunis. Je dirais que le chanteur Idir était le seul à vraiment fréquenter et partager sa culture kabyle avec les Tunisiens. Les Kabyles n’ont pas été capables globalement de faire face à leurs obligations et de se mettre en mouvement avec les autres Amazighs, je pense à l’Azawad notamment. L’aile dure ultra réactionnaire, fermée sur elle même a joué sur la peur de l’éparpillement au lieu de chercher le rassemblement.

La majorité des Tunisiens ignore presque tout des événements récents qui se sont déroulés en Kabylie.

Vous ne trouverez aucun ouvrage sur Matoub ou sur l’identité berbère dans les librairies. « Les Potières de Sejnane », « Le Songe Massyle » de Ridha Ben Slama, les livres de Hédi Bouraoui sont difficiles à trouver, c’est déplorable.

D’autant que les francophones ont peine à exister en Tunisie. Je remarque que les jeunes tunisiens sont obligés de produire un effort considérable pour lire et s’exprimer en français de nos jours.

Si le mouvement amazigh est encore faible en comparaison à l’Algérie, les explications sont d’ordre historique. La capitale Mizghanna (Alger) a été fondée par les Kabyles eux-mêmes. La manne financière et intellectuelle de l’immigration kabyle, première communauté étrangère en France a énormément compté (Académie berbère, résistance politique et guerre de libération qui s’est poursuivie en Kabylie après 1962…). La Kabylie a toujours été un foyer de résistance.

Cette boutique amazighe était florissante dans les années 80 à Tamazret, des Fonds pour sauver ce patrimoine !

Comment expliquez-vous l’abandon généralisé de l’amazigh par les Tunisiens ?

Les Imazighen de Tunisie empruntent toutes les voies libératrices et novatrices qui s’offrent à eux. Je tiens à rendre hommage à Khedija BenSaidane, Nemri Nouri et toutes ces personnes qui sont mobilisées au bon moment. Notre langue tamazight disparaîtra dans 15 ans si on ne réagit pas à temps.

Les premiers changements se sont fait sentir quelques années avant le renversement de la dictature. Reun Ostis co-fondateur des écoles Diwan envisageait d’aider un groupe de jeunes femmes dans le sud tunisien soucieuses de monter des écoles pilotes où serait enseigné la chelha tamazight.

La domination sur les berbérophones, le déni ne se sont pas exercés de la même façon en Algérie et au Maroc par les tenants du nationalisme arabo-islamiste. La violence s’ajoute à l’arrogance et à l’intolérance. Les militants sont assassinés, emprisonnés, empoisonnés (le jeune chanteur du groupe Saghru), traqués avec la coopération de tous les services de renseignements.

En Tunisie la construction de nouvelles villes émergentes au pied des montagnes, l’endommagement des anciennes villes devenues des zones à risques, la désertification, l’exode rurale, les réformes des programmes scolaires ont accéléré l’arabisation et les effets d’aliénation. Le mode opératoire n’est pas le même vu qu’il ne s’attaque pas à la masse et ne voit pas s’affronter entre elles deux communautés nationales.

Dans le bellum Jugurtha, qui s’étend  du plateau du Kef (Table de Jugurtha et Mausolée de Massinissa) jusqu’aux confins de Zaghouan, cinq gouvernorats du Nord au total, dans les pays du Sud tunisien (Djerba, Matmata, Ksours…) l’esprit amazigh survit.

Les légendes renvoient à des faits bien réels : les Berbères savent qu’ils vivaient à la merci des occupants arabes. Les sources thermales bouillonnantes de Korbous auraient vu le jour d’après les traditions locales par magie pour guérir un vieillard malade qui avait été interdit d’accès à la fontaine par les troupes arabes. A Douiret, l’expropriation des terres des berbérophones est gravée à jamais dans les mémoires.

Il manquait jusqu’ici le symbole, c’est vraiment le signe d’union qui manquait : on voit le Z amazigh revenir progressivement dans l’artisanat.

La prise de conscience des richesses culturelles et du potentiel des nouvelles énergies ne fait que commencer. L’un des descendants d’une tribu de Kairouan massacrée de façon particulièrement dramatique me disait son envie de changer le cours de l’histoire.

Si on y regarde de plus près, les terrils de l’arabisme sont tombés avec la chute de Ben Ali.

Dans les rues de Tunis il n’est pas rare d’entendre  « nous ne sommes pas tous des Arabes, nous en avons assez de ce qualificatif » ou encore « s’il faut inventer une nouvelle langue tunisienne qui nous permette de vivre en paix faisons-le,  introduisons ce qu’il faut, des lettres qui n’existent pas dans l’alphabet arabe par exemple, enfin nous pourrons écrire le nom de notre champion Gamoudi, garjouma… ». Les enseignants se heurtent incontestablement à des difficultés pédagogiques. Comment par exemple expliquer le concept macro-économie à ses étudiants autrement qu’en derja tunisienne ou chelha.

Pour répondre plus précisément à votre question, l’amazigh a été abandonné par assujettissement et obnubilation de la vie citadine et des modèles importés d’Orient. Malgré tout, dans les zones rurales enclavées, des jeunes enfants parlent couramment tamazight. Des villages berbères ont su se préserver. A Guellela (cœur de l’île de Djerba) la population a refusé la construction de complexes touristiques. Avec l’arrivée massive et récente de familles arabophones dans les villages berbères, c’est un miracle que des jeunes enfants continuent à parler la chelha. On m’a présenté une petite fille qui récitait des poèmes pour sa mère dans un tamazight parfait. Zrawa près de Tamazret résiste. Tant que ces villages ne sont pas dépeuplés, que les écoles peuvent consacrer une partie voire la totalité des cours en tamazight nous n’abdiquerons pas.

Au premier plan jeune poétesse amazighe de Djerba

Comment prenez-vous les déclarations du président Marzouki ou des ministres tunisiens selon lesquels la culture amazighe est exogène à la Tunisie?

Nous devons affronter cette fois un pouvoir plus radical et plus mouvant qui tente de nous imposer un modèle islamo-ottoman. Ce gouvernement préfère généraliser l’enseignement du turc plutôt que d’enseigner la langue tamazight déconsidérée, infériorisée. La culture berbère est acceptée dans l’économie, l’artisanat, le champ de la recherche mais elle est perçue comme un frein dès lors qu’il faudrait l’introduire dans des programmes institutionnels et éducatifs .  « C’est trop coûteux pour le pays » me répondent certains politiques de l’opposition. Nous sommes déjà entrés en résistance avec ce pouvoir qui n’a aucune déférence pour la Tunisie authentique.

Peut-être un jour en viendront-ils à débaptiser les avenues Jugurtha et Massinissa de Tunis qui sait ?…

Shamy Chemini, le premier artiste kabyle arrêté en 1975 à Akbou pour ses idées politiques, me faisait remarquer qu’en Tunisie, curieusement, personne ne lui avait posé la question sur l’étymologie du groupe les Abranis. Pour lui cela va de soi que les tunisiens connaissaient les Branès, leur ascendance amazighe.

Qu’on se le dise, Tamazight fait partie du passé glorieux de la Tunisie et sera le socle de son futur apaisé.

L’obelisque amazigh de Chemtou,… ou plutôt celui de la place du 14 janvier 2011

Il y a t-il selon vous en Tunisie, une tradition politique panarabiste datant de Bourguiba et une volonté de nier le passé amazigh du pays?

Bourguiba le premier a cerné le danger pour les panarabistes de ce qu’il nomme lui-même le « démon berbère ». Bien que la Tunisie n’ait jamais exercé une politique répressive, elle a régulièrement été épinglée par les instances internationales pour ses pratiques discriminatoires. Le projet amazigh, l’idée de la Tamazgha va à l’encontre du projet arabe. L’édification de l’union de Maghreb Arabe une grande imposture.

Le pouvoir actuel en Tunisie n’est-il pas le prolongement du Mouvement de la Renaissance arabe créé par les élites bourgeoises en Egypte et en Syrie dans les années 1870 ?

Je tiens à faire part de mon profond désaccord avec la position de représentants de l’ACAT qui ont déclaré par voie de presse qu’ils ne pouvaient demander à ce que la langue tamazight soit reconnue comme officielle en Tunisie.

Tamazight ne peut qu’être que nationale et officielle inscrite dans la constitution. Les parlers chelha et la langue chaouie parlés dans le nord vont faire leur entrée dans l’amazigh unifié. Tous les tunisiens demain connaîtront les tifinaghs et l’amazigh unifié tout en préservant leurs richesses de parlers locaux et la derja tunisienne elle aussi en danger. C’est là une richesse et un apport majeur pour la Tunisie. On sortira de l’ère de la bêtise, du désamour de soi. Il faut que l’on cesse avec cet adage « la Tunisie est très belle mais elle le serait davantage sans les Tunisiens ».

Place du 14 janvier 2011 – un clin d’oeil à la femme tunisienne libre et moderne.

Possède t-on des chiffres sérieux sur le nombre de personnes parlant, maîtrisant ou utilisant l’amazigh en Tunisie?

La dernière enquête remonte à 2008 où elle recence 26.000 berbérophones. Ces chiffres ne concernent que quelques zones. Les villages où l’on parle berbère (chaoui) dans les steppes du le Nord ne sont pas pris en compte. Les  villages de Whergha Khemir, Essra Ourtene, Touiret et Temlala sont complètement oubliés même de nos centres de recherche berbères.

Selon vous, quelle méthode faudrait-il aborder pour sauvegarder l’amazigh en Tunisie? Le considérer comme un lointain passé, le réactualiser, l’enseigner…?

Ce qui compte ce n’est pas tant le nombre de locuteurs actuels mais notre capacité à déployer un enseignement de la langue unifiée avec les manuels de civilisation amazighe qui l’accompagne, imprimés et diffusés en masse. Batasuna réussit très bien dans le pays basque sans l’aide des Etats ni espagnols et français, pourquoi pas les villages berbères où la démographie y est bien plus importante. Encore faut-il mettre en place ces entités politico-culturelles.

Dans l’enseignement, il est nécessaire que soient révisées les discriminantes «prérogatives et finalités de l’enseignement de l’Histoire et de la Géographie et instruction civique destiné au jeune tunisien ».

La Tunisie n’est aucunement enracinée uniquement dans une civilisation arabo-musulmane et d’autre part on constate que la mention à l’amazighité n’y apparait même pas. On dit que le jeune tunisien doit « être fier de ses différentes appartenances civilisationnelles anciennes et nouvelles, tunisiennes, maghrébine, arabo-musulmane, africaine et méditerranéenne »

La seule méthode a employer est celle qui nous fera gagner de temps : les nouvelles technologies, la formation des maîtres avec des séjours en Kabylie et au Maroc.

La Fondation Amazighe de Tunisie a publié en 2003 sa déclaration d’intention (appel publié sur Kabyle.com). Nous demandons la création d’une chaîne de radio berbère tunisienne, quitte à ce que cela soit une chaîne en arabe où l’on parle de la culture berbère. Nous demandons à ce que les antennes relais de la radio tunisienne soient retirées des villages berbérophones pour préserver leur cadre naturel et la santé de ses habitants. Nous demandons à ce que Yennayer soit décrétée fête nationale, que les panneaux signalétiques se fassent aussi en tamazight. Après tout même le nom de Tunis a une étymologie amazighe! Nous demandons surtout à ce qu’une exception culturelle s’applique pour la diffusion de notre culture avec des facilités à l’importation et l’exportation des œuvres, de l’artisanat berbère.

Un émetteur radio en plein coeur de Tamezret « à démonter de toute urgence » ! Comment pouvons-nous préserver ce village autrement ?!

Quelles sont les associations amazighes actives en Tunisie?

Les associations amazighes tunisiennes se comptent encore sur les doigts d’une « khamsa ». Walhass Welhazi et son Association Tamazight pour la Culture et des Arts en Tunisie, basée à Tunis, ainsi que celle portée par Slah Ben Mimoun à Djerba (Association amazigh de la Culture et du Patrimoine) sont très actives.

Khadija Ben Saïdane Présidente de l’ACAT (Association Culture Amazigh Tunisienne) et ses amis seront des partenaires incontournables pour nous tous, il ne faut surtout pas que les groupes se scindent. Tous sont encore très jeunes, ils sont pour ainsi dire tous étudiants. Khadija s’investit dans la création d’une chaire de berbère à l’Université.

Nemri Nouri a été jusqu’ici notre principal interlocuteur depuis la création des premières associations et collectifs. Il est membre de l’association de sauvegarde du Patrimoine de Tamazret. 

Kamel Bousetta co-organisateur du Congrès Mondial Amazigh à Djerba compte aussi parmi les défenseurs de notre identité.

Walhass Welhazi – Association Tamazight pour la Culture et des Arts en Tunisie

Ahmed Ayeb – Pour de nouvelles initiatives économiques amazighes en Tunisie (interview à paraître sur Amazighnews.com)

 

Quelles sont leurs revendications? Sont-elles d’ordre culturelles, politiques, identitaires?

L’orientation est principalement culturelle. Les associations djerbiennes et celles de Matmata organisent des festivals locaux. Elles sont volontaires pour créer des centres de ressources avec une stratégie et des relais capables de produire leur effet sur le long terme.

L’affirmation identitaire de Welhass Welhazzi est sans doute beaucoup plus appuyée. Sa connaissance du domaine amazighe est comparable à celle d’un militant kabyle confirmé. Je mets beaucoup d’espoir dans leurs actions futures. Le fait de voir les drapeaux dans les manifestations populaires, dans les vitrines des confectionneurs de drapeau nahj bacha par les descendants de la commune de Douiret est déjà un acte de résistance et un acte identitaire très fort. Le symbole c’est vraiment l’unificateur !

Quelles sont les pistes qu’elles comptent emprunter pour arriver à leurs fins?

Elles pourraient avoir une influence politique plus affirmée, mieux s’organiser en travaillant sur du factuel, en publiant des rapports, en envoyant des lettres ouvertes aux politiques. L’ACAT a su se rapprocher du Congrès Mondial Amazigh, des associations des droits de l’homme, de quelques journaux francophones. J’ai bien peur qu’elles perdent trop de temps sur les réseaux sociaux, dans la sensibilisation citoyenne virtuelle, ou dans les seuls projets d’expression artistique.

Elles explorent toutes les pistes mais pas celles de la politique par peur de la répression et donc de l’échec.

Où le mouvement amazigh est-il le plus fort en Tunisie?

Un Mouvement Berbère Tunisien n’a pour l’instant jamais vu le jour en Tunisie. Ce serait un préambule à la lutte politique et identitaire, malheureusement les arabo-islamistes ont toujours su modeler la population à leur avantage. Les Amazighs ne représentent pas une force en tant que tel bien qu’une révolution culturelle se déroule sous nos yeux  que j’appelle la révolution des guernines (fleurs de nos montagnes): les Tunisiens s’affirment de plus en plus Amazighs. Les Amazighs de Tunisie sont attachés à leur tunisianité et ne manifestent pas de volonté d’autodétermination. Les Amazighs n’ont pas intérêt à jouer la carte de la division. Les Tunisiens sont majoritairement arabophones et majoritairement berbères aussi. Je suis enclin à penser que le mouvement amazigh est le plus fort quand il s’inscrit à l’échelle nationale tunisienne.

Yennayer (Jour de l’An) à Tamazret – Les Amazighs ressortent les grands plats et traditions d’antan ! (vidéo de la préparation sur Tunisie-amazigh.com)

Kamel Bousetta et Nemri Nouri à Tamazret

 

Les militants amazighs tunisiens se rendent ils souvent en Algérie, au Maroc pour rencontrer les militants de ces pays?

Vous n’êtes pas sans savoir que la Kabylie est quadrillée et constamment occupée depuis 2001. Il en va de même pour les Aurès. Son hymne national devrait être divulgué prochainement. Nous sommes donc très contrôlés dans nos déplacements et nos communications. Les autorités culturelles nationales algériennes et marocaines essayent d’attirer vers elles les sympathisants de la cause amazighe tunisienne. Un séminaire a été annulé cette année à la dernière minute. Il est bien difficile d’accorder toute notre confiance aux APC (préfectures) à des associations kabyles soutenues indirectement par les autorités d’Alger. Elles seules sont capables d’héberger et de cofinancer ces voyages. En tout état de cause les Tunisiens amazighophones ou arabophones font partie intégrante d’une supra-nation qui transcende les sous-groupes ethniques et les frontières géopolitiques actuelles, la Tamazgha. Les échanges se développeront, encore faut-il repenser notre espace commun et reconsidérer notre potentiel. Les Tunisiens sont redevenus un apport essentiel au mouvement berbère dans son ensemble. On voit le drapeau tunisien maintenant dans la plupart des manifestations c’est à mes yeux un acte refondateur.

Tunisie-amazigh.com

 

Maison des jeunes de Guellala – Exposition pour le première fête de la révolution

Maison des jeunes de Guellala – Exposition

Guellal (iqellalen) – Four du potier.  Un signe de la main en trident, celui des Amazighs !

Ghorf de Tamezret – Nemri Nouri (anciennes maisons qui se servent aujourd’hui de greniers agricoles)

Houmt Souk – « Restaurant le Berbère bientôt on y entendra parler la chelha »

Salon de thé berbère en chantier à Tunis

Slogan sur les murs « Quelle est belle la Tunisie sans Ben Ali et les Trabelsi »

Vue panoramique, de ces premières montagnes les Matmata contrôlaient toutes les incursions sur plusieurs dizaines de kilomètres.

Artisanat berbère tunisien souks de Tunis

La toponymie amazighe de la Tunisie

Les travaux d’Evelyne BEN JAAFAR sur les Noms de lieux en Tunisie parus en 1985 nous éclairent sur les toponymes anciens libyco-berbères qui sont d’après elle le substrat de toutes les régions de Tunisie. Ses analyses associent étroitement l’archéologie, l’histoire et la linguistique. La présence de noms de lieux en tamazight est attestée sur l’ensemble du territoire tunisien non seulement « dans les zones où la pénétration romaine a été plus tradive et superficielle ».

Selon ses recherches le terme Libyen semble avoir été le terme local par lequel s’identifiaient elles-mêmes les populations dans l’Antiquité en Tunisie, en témoigne la mention fréquente du terme « LBY » ou « LBM » sur les stèles à épigraphie punique.

Il semble probale que du terme amazigh libyque « IFRI » (la grotte) se soit formé le nom de la tribu des FRINI IFREN dans le bassin de Carthage.

Les premières inscriptions libyques ont peu apporté à la typonomie et sont apparues tardivement vers le 1er siècle avant J.-C. à Dougga, Ghardimmaou, Makhtar, Tborsoq et dans le Sud.

Sur le littoral des noms de lieux ont une étymologie grecque telle Néapolis qui deviendra Nabeul. Apsis traduite par les romains Clupea deviendra Qlibya ou Kelibia. Ces deux cités ont été fondées par les Grecs de Sicile au Ve siècle av. J.-C..

La romanisation s’est moulée dans les cadres existants. Les créations du 2ème siècle que sont Sufutela (Sbeîtla) et Ammaedra (Hidra) empruntent leur appellation au fond africain. Ad Medara juxtapose la préposition ad qui se retouve en tamazight (par ici)  et en latin ‘vers’) ) à la racine MDR tadart, la parcelle de terre.

Cet autre village amazigh du Sahel Hergla qui servait autrefois d’entrepôt pour les grains, s’appelait Tamalla la ville blanche.

La quasi totalité des noms de villes et villages en Tunisie ont gardé une racine berbère du nord au sud, d’est en ouest. C’est le cas d’Adar au Cap Bon, Henshir Bed (Tamda : le réservoir , le puit en tamazight). Deux villes portent le noms de BEJA qui en tamazight L’BJW signifie la resplendissante, la luxuriante. C’est aussi un prénom féminin berbère.

Nous remarquons aussi que de nombreux lieux en Numidie portent le nom de Ténès (Tunis – Thinissut)*. Que Tunis soit beaucoup plus ancienne que la colonisation phénicienne, on peut le croire mais on ne peut en apporter la preuve. Le fait est que ce toponyme est présent dans d’autres régions de la Tamazgha l’Amazighie, y compris dans l’Ahaggar (Hoggar) où « TNS » signifie « campement, lieu de halte ».

Les travaux d’Evelyne BEN JAAFAR indiquement clairement que le superstrat topnymique arabe ne s’est surimposé que très lentement. « Les noms de lieux qui apparaissent chez les historiens du Xe et XIème sicècle El Yaaqoubi, Ibn Hwaqal, El Bakri sont pour la plupart ceux du Bas Empire romain. Il n’y a eu, de la part des nouveaux arrivants ni volonté systématique, ni possibilité d’imposer la langue arabe. L’arabisation de l’administration et de la monnaie ne se sont réalisées que plus de cent ans après les débuts de la conquête. En outre, l’arabisation a d’abord été un phénomène urbain…

« Le rôle direct de la colonisation sur la toponymie a été peu importante dans la mesure où la Tunisie, dès le départ a été conçue comme une colonie d’exploitation et non de peuplement. A l’Indépendance l’essentiel de la toponymie tunisienne est en place ».

Au lieu d’arabiser les noms de villes et de villages, l’administration bourguibienne à la recherche d’une authenticité tunisienne puisera dans les traditions locales et communautaires. C’est l’époque où le passé punique et amazigh est mis à contribution. « Les noms de complexes hôteliers font sortir des livres d’Histoire, Amicalcar, Jugurtja, tandis que les nouveaux secteurs de 1966 officialisent Haïdra, Telpete, Utique, Chemtou, Bulla Regia souvent oubliées par les populations locales.

L’instauration de panneaux de signalisation en caractères tifinaghs à l’entrée de chaque ville et village pourrait être l’une des premières revendications abouties, facile à mettre en place par les Amazighs tunisiens.

Stéphane ARRAMI – Conférence Les Printemps des Peuples de l’Amazighie Roubaix mai 2011

Bibliographie :

Evelyne Ben Jaafar, agrégé de l’université, Les Noms de lieux en Tunisie Racines Vivantes de l’identité nationale 1985 Coll. Cahier du Ceres Tunis 259 p. Université de Tunis Centre d’Etudes et de Recherches Economiques et Sociales

« Tunis L’Histoire d’une ville » Ed. L’Harmattan 1998 p.54

Lalies 16 Actes des sessions de linguistique et de littéarature Carthage, 21 août – 2 septembre 1995 – Ecole Normale Supérieure Du berbère au libyque : une remontée difficile Lionel GALAND

Histoire des Hautes Steppes Antiquité Moyen Age – actes du Colloque de Sbetla Sesions 1998 et 1999 Textes réunis par Fathi BEJAOUI République tunisienne Ministère de la Culture – Institut National du Patrimoine

Béja: Des élèves agressent une activiste amazighe et la menacent de mort en criant « Allah Akbar » !

C’est de l’obscurantisme et de l’ignorance à l’état brut ce qui s’est passé à Medjez El Bab, gouvernorat de Béja, le 17 octobre 2017.

Dima Trabelsi, activiste amazighe âgée de 20 ans a subi une agression sans pareil. Elle était dans un bus, 4 élèves l’ont violentée et ont insulté sa maman.

Quand elle est descendue du véhicule, ils l’ont suivie, ont essayé de lui arracher ses vêtements et lui ont craché dessus. Un des agresseurs l’a même frappée avec un objet pointu au cou en criant « Allah Akbar ».

Après la scène, Dima Trabelsi a porté plainte auprès du poste de police munie d’un certificat médical.

F.T.

Source : http://highlights.com.tn

Tunisie Berbère le premier site consacré aux Amazighs Tunisiens

Azul, aaslamatkom, bonjour,

Le portail Tunisie Berbère a été lancé en 2009 afin de fournir des informations actualisées sur les Amazighs de Tunisie . Il réunit et répertorie des ressources sur cette identité et ce patrimoine millénaire.

Il fournit également un inventaire des projets en cours, ainsi qu’un certain nombre de contacts.

Ce support prend toute son importance aujourd’hui alors que nous vivons un tournant historique pour les Amazighs (Imazighen), partout en Afrique du Nord. En Egypte à Siwa, en Libye les drapeaux amazighs flottent désormais sur les édifices publics. Au Maroc tamazight a été promulguée langue nationale et officielle.

En Tunisie la priorité actuelle des amazighs se concentre dans l’aide apportée aux réfugiés et aux combattants de la liberté à la frontière tuniso-libyenne.

Faisons de ce site un village amazigh

Le portail Tunisie-berbere.com appui le communication de la Fondation Amazighe de Tunisie dont les statuts seront déposés en 2012 simultanément en Tunisie et en Europe.

Les objectifs de la FAT ont été clairement établis et rendus publics depuis 2008. Ses recommandations et programme d’action ont été rappelés lors de la Journée du Printemps des Peuples de l’Amazighie à Roubaix le 7 mai 2011.

Le but premier  est de mettre en place un certain nombre d’activités pour la sauvegarde du patrimoine amazigh berbère en Tunisie, d’observer, d’informer le public et de maintenir le contact avec les acteurs de cette survie.

L’idée d’une Fondation Amazighe de Tunisie remonte à 2003 par un appel diffusé sur Kabyle.com afin de créer une association des Amazighs de Tunisie.

Avec le soulèvement de l’hiver 2011 en Tunisie, plusieurs de nos compatriotes ont réussi à créer une première association d’expression amazighe.

Changeons la vision de la Tunisie insufflée par la propagande officielle

D’autres objectifs se présentent à nous : le principal est d’inscrire l’identité amazighe dans la Constitution tunisienne et promouvoir le tifinagh, l’usage et l’apprentissage de tamazight.

Un Conseil National Amazigh Tunisien, institution transitoire, ouvert à de multiples associations berbères, groupements d’intérêts écononomiques est le premier gage de notre réussite commune.

La Tunisie de demain sera au centre d’une Amazighie réunifiée, aux frontières ouvertes, souveraine de son destin où tifinagh et tamazight seront dignement enseignés. Une nouvelle ère de fierté se dessine pour la jeunesse amazighe qui se réapproprie son histoire et son identité future en redevenant ce qu’elle a toujours été. 

Puisque l’étymologie du mot Tunisie nous vient de tamazight et signifie « havre de paix, campement », j’espère que tunisie-berbere.com sera pour vous une escale de détente, de découverte et de ressourcement.

Stéphane ARRAMI Amazigh 24 / Kabyle.com / Tunisie Berbère

Hammamet – Les fidèles de la mosquée font fermer le restaurant Le Berbère

Intervenant sur les ondes de Radio Med, dans l’émission Midi Med, le premier délégué de Nabeul, Raouf Klibi, a apporté, jeudi 17 mai 2017, des éclaircissements à propos de la dernière fermeture du resto bar, Sky Bar Le Berbère, situé à Hammamet à proximité de la médina et de la mosquée Kabir.

Il a précisé qu’ une commission régionale mixte chargée de ce dossier, a décidé de fermer le Berbère, suite au dépôt d’une plainte d’une quarantaine d’habitants et de fidèles de la mosquée. La raison invoquée par les plaignants est que le resto bar ne respecte pas assez le temps d’arrêt de la musique jouée par les DJs durant l’appel à la prière. Le propriétaire a déposé une demande pour utiliser la musique. Elle a été refusée par le gouverneur.

K.B

Source : Carthagonews.com 19 mai 2017

Exigences pour l’amazighité en Tunisie

La Tunisie doit s’engager dans la co-officialité de tamazight, la langue berbère unifiée, comme ses parlers locaux, la chelha, la tachaouit toutes deux amazighes (berbères), la koinè derja tunisienne. L’amazigh devra dans le futur du pays figurer dans sa constitution en tant que socle historique et identitaire.

Les Amazighs ne sauraient se satisfaire de médias tv, baudruches systémiques et médiatiques comme c’est aujourd’hui le cas en Algérie. Des programmes audiovisuels ou radiophoniques, des journaux de presse écrite, en berbère sont encore inexistants par manque de volonté politique en dépit que la Tunisie soit la terre historique de Vibia Perpetua, Sophonisbe (Sofines dernière reine de Numidie), Syphax, Massinissa Jugurtha et tant d’autres illustres amazighs.

L’équité en proportion d’ouvrages sur la civilisation berbère ou en tamazight langue unifiée dans les bibliothèques, centre culturels, sont des préalables à une Tunisie délivrée de l’idéologie arabo-islamique.

Il est indispensable de créer une Académie Berbère tunisienne, d’organiser des collectes de la mémoire, de repiquer les semis de nos racines, d’insuffler des chaires d’enseignements dans toutes les universités de Lettres et Sciences Humaines en Tunisie.

La tamazight (berbère) doit être enseignée dès le primaire dans toutes les villes de Tunisie.

Les Tunisiens ne sauraient être assimilés à des Arabes ce qu’ils ne sont majoritairement pas !

Aux imams arabisants et émissaires envoyés dans les pays de l’immigration doivent être substitués des professeurs spécialisés en langues et patrimoines tunisiens.

Les Tifinaghs enseignées en Libye, au Maroc, en pays touaregs, écriture transfrontalière du futur de l’Afrique du Nord, graphie originelle et moderne, s’imposeront comme vecteur de communication écrite, signalitique par des initiatives collectives locales coordonnées.

Tamazight doit être promulguée langue vivante, nationale et fédérale, commune avec les autres nations des Etats-Unis d’Afrique du Nord (Tamazgha).

Stéphane ARRAMI, Genève le 1er août 2016