Tunisie : Les potières amazighes de Sejnane à l’honneur

Lors de sa 13 ème session qui s’est déroulée à Port Louis sur l’ile Maurice du 26 novembre au 1 er décembre 2018, le comité de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco a décidé l’inscription des savoir-faire liés à la poterie des femmes de Sejnane en Tunisie, sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité.

Lors de sa 13 ème session qui s’est déroulée à Port Louis sur l’ile Maurice du 26 novembre au 1 er décembre 2018, le comité de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco a décidé l’inscription des savoir-faire liés à la poterie des femmes de Sejnane en Tunisie, sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.Le comité note que le savoir-faire des potières et la fabrication des poteries de Sejnane «est une tradition vivante, profondément enracinée dans la vie de la communauté et perçue comme faisant partie de l’identité locale». Selon le comité, cette activité traditionnelle «renforce les relations sociales au sein des familles et de la société et met en évidence le lien étroit qui existe entre le développement durable et l’identité culturelle, la dimension socio-économique et le rôle crucial que les compétences traditionnelles jouent dans le développement local». Afin de préserver l’authenticité de ces poteries et d’éviter de les dénaturer, le comité a mis en garde le gouvernement tunisien contre «le risque élevé de commercialisation excessive» de ce patrimoine et l’a vivement «encouragé à se concentrer sur ses aspects sociaux et culturels». Il a également invité l’Etat à élaborer et/ou à mettre à jour l’inventaire du patrimoine national, conformément à convention internationale pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.Le Congrès Mondial Amazigh (CMA) qui a déjà rendu visite aux potières dans leur village de Sejnane dans le nord de la Tunisie, se réjouit naturellement de cette reconnaissance et félicite chaleureusement ces femmes courageuses gardiennes d’un art ancestral qui ont compris la valeur de ce capital socioculturel unique et l’ont conservé vivant pour le transmettre aux générations futures. Elles prouvent ainsi que le génie autochtone souvent méprisé par la pseudo-modernité, peut traverser les temps et trouver sa place dans l’universel.Par ailleurs, le CMA note et déplore le fait que le dossier soumis par le gouvernement tunisien à l’Unesco soit truffé d’omissions et approximations qui conduisent volontairement ou par ignorance, à occulter la dimension autochtone amazighe de ce patrimoine.Ainsi, dans tout le dossier il n’est nulle part mentionné qu’il s’agit là, d’un patrimoine typiquement amazigh que l’on retrouve d’ailleurs à l’identique dans d’autres régions amazighes notamment en Kabylie, dans l’Aurès, au Rif, dans l’Adrar Infussen, etc. Le dossier tunisien entretient le flou sur l’origine de ce patrimoine, présenté tantôt comme «berbère», tantôt comme «maghrébin» ou «local». Pourtant, les potières de Sejnane sont des témoins vivants de leur identité amazighe, tant elles s’identifient elles-mêmes comme des Amazighes et qu’elles portent leur amazighité sur elles avec leurs habits, leurs coutumes, leurs chants et leur mode de vie typiques.A la question posée par l’Unesco sur le «nom de l’élément présenté, dans la langue et l’écriture de la communauté concernée», les rédacteurs tunisiens répondent en langue et écriture arabes, ce qui laisse entendre que les femmes de Sejnane seraient des Arabes.Le CMA a également observé que pour élaborer le dossier soumis à l’Unesco, une vingtaine d’associations ont été consultées mais parmi elles aucune n’est amazighe ou spécialisée dans la promotion de la culture amazighe.Enfin, alors que le droit international prévoit que les peuples autochtones ont le droit de «préserver et de protéger leurs pratiques, leurs connaissances et leur patrimoine culturel», le dossier présenté par le gouvernement tunisien mentionne qu’il n’y a aucune mesure destinée à «limiter de quelque manière que ce soit l’accès aux savoir et savoir-faire liés à la poterie des femmes de Sejnane».Autrement dit, les poteries de Sejnane peuvent être copiées librement, ce qui constitue un pillage de la «propriété intellectuelle» des femmes de cette communauté et une atteinte à la valeur historique et culturelle de ces poteries.Pour l’ensemble de ces motifs, le CMA prévoit d’interpeller à la fois l’Unesco et le gouvernement tunisien sur la nécessité de prendre immédiatement des mesures dans le but de protéger les droits et les intérêts des potières de Sejnane et pour mettre un terme à ce qui s’apparente à une falsification de l’histoire et de la culture amazighes.Tunis, 1/12/2968 – 12/12/2018

L’amazigh à la radio et la télévision tunisienne

Des responsables de la Radio et de la Télévision Tunisiennes et du Ministère de la Culture seront interrogés par des magistrats et des juges tunisiens à propos des décrets qui empêchent la diffusion de chansons et de programmes berbères liés à la majorité Tunisienne Berbère silencieuse.

La Radio et de la Télévision Tunisiennes continuent à appliquer ces décrets de discrimination en contradiction avec la Constitution tunisienne de 2014 et qui ont été mises en vigueur pendant les années 60 par les dictateurs nationaux arabes.

Des représentants internationaux des droits de l’homme, des ONG et des journalistes du monde démocratique seront seront à l’écoute des mensonges de ces institutions, connues comme institutions arabisées …

Enfin la Radio et la Télévision Tunisiennes et le Ministère de Culture seront obligés de promouvoir la diffusion de chansons et de culture Berbères.

Labess Tunisia

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Situation des Amazighs en Tunisie

L’identité amazighe n’est toujours pas reconnue dans la Constitution tunisienne

La loi tunisienne interdit tout recensement basé sur l’ethnie, la langue, la religion. Dans le préambule et l’article 1 de sa constitution la Tunisie maintient son peuple dans le carcan de l’islam religion de l’occupant de l’Ifriqiya ⵉⴼⵔⵉⵇⵢⴰ, de l’identité arabo-musulmane.

Cette constitution précise que « le peuple reste attaché à la religion et aux principes de l’Islam. La Tunisie est un État libre, indépendant et souverain, l’Islam est sa religion, l’arabe sa langue et la République son régime », ou encore que  » la Tunisie doit participer à l’unification du monde arabe ». Cette constitution entre en contradiction avec le droit international, participe de l’ethnocide des Amazighs, c’est-à-dire à la mort programmée d’une langue et d’une culture.

Les études linguistiques des parlers berbères en Tunisie sont quasi inexistantes, les livres Amazighs toujours censurés.

Une politique linguistique linguicide multi-coloniale

La politique d’arabisation enclenchée en 1956 a partiellement arabisé les zones de Tamazret, Matmata, Guermassa, Guellala, Chenini, Douiret, Zraoua, Taoujout, Tamazret, Sedouikech, Ajim, Oued Zeib, Douiret, Ras El Oued, Bir Thlathine Jarjer, Ghomrassen, Toujane, Sened, Majoura, Ouesslat. Ces villages sont progressivement arabisés.

Un grand nombre de toponymes ont été « arabisés » par décision officielle. La colonisation de peuplement ce poursuit à ce jour dans les villages de Djerba.

Les personnes âgées continuent de parler la langue amazighe, la chelha est enseignée dans certains villages de la région de Matmata.

Historiquement la situation économique et sociale des régions défavorisées a entraîné un exode rural massif vers les villes, prioritairement vers Gabès, Sfax et Tunis depuis la colonisation française dans les années 30.

Tunisie Berbère s’engage dans un processus de vulgarisation et de réappropriation de l’identité amazighe en Tunisie.

Les locuteurs des langues amazighes en Tunisie (500.000) vivent essentiellement dans le sud tunisien, dans les hautes steppes de l’Atlas Tellien et les régions montagneuses du nord-ouest du pays.

Tunisie Berbère passe en Drupal 8 et Licence CC 100% Culture

Notre site utilise le logiciel Open Source Drupal 8 depuis ce lundi 1er octobre 2018.

Tunisie berbère est disponible en langue amazigh unifiée (extension ber) ainsi qu’en anglais.

https://tunisie-berbere.com/ber

Parmi les nouveautés :

  1. Les forums sont reconstruits disponibles par le menu principal « Discussions ».
  2. Les contenus sont placés comme œuvres culturelles gratuites et libres participant à la création d’un patrimoine commun de matériaux librement réutilisables (Licence Creative Commons 100% Culture)
  3. Une liste des participants au site. La plupart des contibutions viennent pour le moment des universitaires et doctorants
  4. Version multilingue Français/Tamazight/Anglais

 

Le peuple amazigh de Tunisie : sacrifié pour/par la démocratie ?

La discussion autour de la nouvelle Constitution tunisienne, prisonnière de la dichotomie conservatisme-modernisme, a occulté totalement la question des droits du peuple amazigh de Tunisie ; peuple autochtone aujourd’hui minoritaire, pour avoir subi de multiples politiques de répression, de dépersonnalisation et d’assimilation, en violation manifeste de toutes les règles du droit international. Lire la suite « Le peuple amazigh de Tunisie : sacrifié pour/par la démocratie ? »

Stéphane ARRAMI : « L’essentiel est d’officialiser tamazight en Tunisie dans une vision globale nord-africaine »

Jules Michto (Tel Quel) : Tout d’abord, pouvez-vous vous présenter ?

Stéphane ARRAMI : Informaticien et communicant de métier, j’ai eu la chance de réaliser les portails pionniers de l’internet amazigh tels que Tunisie Amazigh et Kabyle.com. Ce travail passionnant se construit grâce au soutien des militants de par le monde entier.

La recherche de mes origines kabylo-normandes a été un déclencheur. Mon père est originaire d’un village dans les hauteurs d’Amizour en Kabylie. J’ai vécu la plus grande partie de ma jeunesse à Tunis et ma famille adoptive vient d’un village berbère proche de Djerba et Mednine. Les personnes qui ont quitté ce village avant le développement de l’état civil en ont conservé le patronyme. Je garde le souvenir d’une visite à Arram dans les années 80. On était subjugué d’être aussi chaleureusement accueillis par des villageois fiers de leurs racines qui pour certains étaient blonds aux yeux verts ! En visitant Djerba cette année j’ai pu me rendre compte combien la toponymie, les noms de rivières, des villages (Irifiyen) avaient gardé leur cachet authentique.

De nationalité franco-tunisienne et bien que résidant aujourd’hui à Lyon, je compte faire valoir nos droits d’amazighs tunisiens. Je me considère autant citoyen de ce pays que celui du nouvel Etat régional ou national, … un peu sur le modèle catalan, que nous bâtissons en Kabylie. Vous comprendrez aisément que comme beaucoup d’enfants de couples mixtes je suis un farouche adversaire de ceux qui prônent la nationalité unique, la langue unique, sans être pour autant un ultraréactionnaire.

Aujourd’hui je suis devenu l’un des représentants diaspora du Conseil National Kabyle CNK basé en Kabylie et chargé par les jeunes associations amazighes de Tunisie de leur apporter un appui international avec la TAFAT (Fondation Amazighe de Tunisie – la lumière en berbère, tamazight matetfech tamazight ne s’éteint pas). J’accompagne Dda Tayeb Larvi et Azru Loukad anciens cadres du MAK qui continuent de rassembler au sein du mouvement autonomiste.

Je présenterai prochainement une exposition itinérante sur la thématique des Tunisiens Berbères. Je construis aussi avec la participation d’un ami sur Lyon un premier dictionnaire interactif nord-africain.* 

Slah Ben Mimoun Association amazighe de la Culture et du Patrimoine Djerba (à gauche) – Stéphane Arrami @Numidviking.

Pourquoi la Tunisie n’a t-elle pas selon vous connu de « printemps berbère » à l’instar de l’Algérie ou du Maroc? Pourquoi le mouvement amazigh y est il si faible?

La conscience identitaire n’est pas tout à fait la même. La Tunisie n’a pas encore d’imminentes personnalités berbérisantes capables de produire, de créer, ni de journalistes, de chanteurs artistes et des écrivains qui s’affirment comme tel.

Les militants kabyles ont-ils pu seulement s’exprimer en Tunisie ces dernières années ? J’aurai aimé voir un Mokrane Chemim militant kabyle des années 80 qui édite des manuels de calcul et de grammaire, des lexiques, intervenir plus souvent à Tunis. Je dirais que le chanteur Idir était le seul à vraiment fréquenter et partager sa culture kabyle avec les Tunisiens. Les Kabyles n’ont pas été capables globalement de faire face à leurs obligations et de se mettre en mouvement avec les autres Amazighs, je pense à l’Azawad notamment. L’aile dure ultra réactionnaire, fermée sur elle même a joué sur la peur de l’éparpillement au lieu de chercher le rassemblement.

La majorité des Tunisiens ignore presque tout des événements récents qui se sont déroulés en Kabylie.

Vous ne trouverez aucun ouvrage sur Matoub ou sur l’identité berbère dans les librairies. « Les Potières de Sejnane », « Le Songe Massyle » de Ridha Ben Slama, les livres de Hédi Bouraoui sont difficiles à trouver, c’est déplorable.

D’autant que les francophones ont peine à exister en Tunisie. Je remarque que les jeunes tunisiens sont obligés de produire un effort considérable pour lire et s’exprimer en français de nos jours.

Si le mouvement amazigh est encore faible en comparaison à l’Algérie, les explications sont d’ordre historique. La capitale Mizghanna (Alger) a été fondée par les Kabyles eux-mêmes. La manne financière et intellectuelle de l’immigration kabyle, première communauté étrangère en France a énormément compté (Académie berbère, résistance politique et guerre de libération qui s’est poursuivie en Kabylie après 1962…). La Kabylie a toujours été un foyer de résistance.

Cette boutique amazighe était florissante dans les années 80 à Tamazret, des Fonds pour sauver ce patrimoine !

Comment expliquez-vous l’abandon généralisé de l’amazigh par les Tunisiens ?

Les Imazighen de Tunisie empruntent toutes les voies libératrices et novatrices qui s’offrent à eux. Je tiens à rendre hommage à Khedija BenSaidane, Nemri Nouri et toutes ces personnes qui sont mobilisées au bon moment. Notre langue tamazight disparaîtra dans 15 ans si on ne réagit pas à temps.

Les premiers changements se sont fait sentir quelques années avant le renversement de la dictature. Reun Ostis co-fondateur des écoles Diwan envisageait d’aider un groupe de jeunes femmes dans le sud tunisien soucieuses de monter des écoles pilotes où serait enseigné la chelha tamazight.

La domination sur les berbérophones, le déni ne se sont pas exercés de la même façon en Algérie et au Maroc par les tenants du nationalisme arabo-islamiste. La violence s’ajoute à l’arrogance et à l’intolérance. Les militants sont assassinés, emprisonnés, empoisonnés (le jeune chanteur du groupe Saghru), traqués avec la coopération de tous les services de renseignements.

En Tunisie la construction de nouvelles villes émergentes au pied des montagnes, l’endommagement des anciennes villes devenues des zones à risques, la désertification, l’exode rurale, les réformes des programmes scolaires ont accéléré l’arabisation et les effets d’aliénation. Le mode opératoire n’est pas le même vu qu’il ne s’attaque pas à la masse et ne voit pas s’affronter entre elles deux communautés nationales.

Dans le bellum Jugurtha, qui s’étend  du plateau du Kef (Table de Jugurtha et Mausolée de Massinissa) jusqu’aux confins de Zaghouan, cinq gouvernorats du Nord au total, dans les pays du Sud tunisien (Djerba, Matmata, Ksours…) l’esprit amazigh survit.

Les légendes renvoient à des faits bien réels : les Berbères savent qu’ils vivaient à la merci des occupants arabes. Les sources thermales bouillonnantes de Korbous auraient vu le jour d’après les traditions locales par magie pour guérir un vieillard malade qui avait été interdit d’accès à la fontaine par les troupes arabes. A Douiret, l’expropriation des terres des berbérophones est gravée à jamais dans les mémoires.

Il manquait jusqu’ici le symbole, c’est vraiment le signe d’union qui manquait : on voit le Z amazigh revenir progressivement dans l’artisanat.

La prise de conscience des richesses culturelles et du potentiel des nouvelles énergies ne fait que commencer. L’un des descendants d’une tribu de Kairouan massacrée de façon particulièrement dramatique me disait son envie de changer le cours de l’histoire.

Si on y regarde de plus près, les terrils de l’arabisme sont tombés avec la chute de Ben Ali.

Dans les rues de Tunis il n’est pas rare d’entendre  « nous ne sommes pas tous des Arabes, nous en avons assez de ce qualificatif » ou encore « s’il faut inventer une nouvelle langue tunisienne qui nous permette de vivre en paix faisons-le,  introduisons ce qu’il faut, des lettres qui n’existent pas dans l’alphabet arabe par exemple, enfin nous pourrons écrire le nom de notre champion Gamoudi, garjouma… ». Les enseignants se heurtent incontestablement à des difficultés pédagogiques. Comment par exemple expliquer le concept macro-économie à ses étudiants autrement qu’en derja tunisienne ou chelha.

Pour répondre plus précisément à votre question, l’amazigh a été abandonné par assujettissement et obnubilation de la vie citadine et des modèles importés d’Orient. Malgré tout, dans les zones rurales enclavées, des jeunes enfants parlent couramment tamazight. Des villages berbères ont su se préserver. A Guellela (cœur de l’île de Djerba) la population a refusé la construction de complexes touristiques. Avec l’arrivée massive et récente de familles arabophones dans les villages berbères, c’est un miracle que des jeunes enfants continuent à parler la chelha. On m’a présenté une petite fille qui récitait des poèmes pour sa mère dans un tamazight parfait. Zrawa près de Tamazret résiste. Tant que ces villages ne sont pas dépeuplés, que les écoles peuvent consacrer une partie voire la totalité des cours en tamazight nous n’abdiquerons pas.

Au premier plan jeune poétesse amazighe de Djerba

Comment prenez-vous les déclarations du président Marzouki ou des ministres tunisiens selon lesquels la culture amazighe est exogène à la Tunisie?

Nous devons affronter cette fois un pouvoir plus radical et plus mouvant qui tente de nous imposer un modèle islamo-ottoman. Ce gouvernement préfère généraliser l’enseignement du turc plutôt que d’enseigner la langue tamazight déconsidérée, infériorisée. La culture berbère est acceptée dans l’économie, l’artisanat, le champ de la recherche mais elle est perçue comme un frein dès lors qu’il faudrait l’introduire dans des programmes institutionnels et éducatifs .  « C’est trop coûteux pour le pays » me répondent certains politiques de l’opposition. Nous sommes déjà entrés en résistance avec ce pouvoir qui n’a aucune déférence pour la Tunisie authentique.

Peut-être un jour en viendront-ils à débaptiser les avenues Jugurtha et Massinissa de Tunis qui sait ?…

Shamy Chemini, le premier artiste kabyle arrêté en 1975 à Akbou pour ses idées politiques, me faisait remarquer qu’en Tunisie, curieusement, personne ne lui avait posé la question sur l’étymologie du groupe les Abranis. Pour lui cela va de soi que les tunisiens connaissaient les Branès, leur ascendance amazighe.

Qu’on se le dise, Tamazight fait partie du passé glorieux de la Tunisie et sera le socle de son futur apaisé.

L’obelisque amazigh de Chemtou,… ou plutôt celui de la place du 14 janvier 2011

Il y a t-il selon vous en Tunisie, une tradition politique panarabiste datant de Bourguiba et une volonté de nier le passé amazigh du pays?

Bourguiba le premier a cerné le danger pour les panarabistes de ce qu’il nomme lui-même le « démon berbère ». Bien que la Tunisie n’ait jamais exercé une politique répressive, elle a régulièrement été épinglée par les instances internationales pour ses pratiques discriminatoires. Le projet amazigh, l’idée de la Tamazgha va à l’encontre du projet arabe. L’édification de l’union de Maghreb Arabe une grande imposture.

Le pouvoir actuel en Tunisie n’est-il pas le prolongement du Mouvement de la Renaissance arabe créé par les élites bourgeoises en Egypte et en Syrie dans les années 1870 ?

Je tiens à faire part de mon profond désaccord avec la position de représentants de l’ACAT qui ont déclaré par voie de presse qu’ils ne pouvaient demander à ce que la langue tamazight soit reconnue comme officielle en Tunisie.

Tamazight ne peut qu’être que nationale et officielle inscrite dans la constitution. Les parlers chelha et la langue chaouie parlés dans le nord vont faire leur entrée dans l’amazigh unifié. Tous les tunisiens demain connaîtront les tifinaghs et l’amazigh unifié tout en préservant leurs richesses de parlers locaux et la derja tunisienne elle aussi en danger. C’est là une richesse et un apport majeur pour la Tunisie. On sortira de l’ère de la bêtise, du désamour de soi. Il faut que l’on cesse avec cet adage « la Tunisie est très belle mais elle le serait davantage sans les Tunisiens ».

Place du 14 janvier 2011 – un clin d’oeil à la femme tunisienne libre et moderne.

Possède t-on des chiffres sérieux sur le nombre de personnes parlant, maîtrisant ou utilisant l’amazigh en Tunisie?

La dernière enquête remonte à 2008 où elle recence 26.000 berbérophones. Ces chiffres ne concernent que quelques zones. Les villages où l’on parle berbère (chaoui) dans les steppes du le Nord ne sont pas pris en compte. Les  villages de Whergha Khemir, Essra Ourtene, Touiret et Temlala sont complètement oubliés même de nos centres de recherche berbères.

Selon vous, quelle méthode faudrait-il aborder pour sauvegarder l’amazigh en Tunisie? Le considérer comme un lointain passé, le réactualiser, l’enseigner…?

Ce qui compte ce n’est pas tant le nombre de locuteurs actuels mais notre capacité à déployer un enseignement de la langue unifiée avec les manuels de civilisation amazighe qui l’accompagne, imprimés et diffusés en masse. Batasuna réussit très bien dans le pays basque sans l’aide des Etats ni espagnols et français, pourquoi pas les villages berbères où la démographie y est bien plus importante. Encore faut-il mettre en place ces entités politico-culturelles.

Dans l’enseignement, il est nécessaire que soient révisées les discriminantes «prérogatives et finalités de l’enseignement de l’Histoire et de la Géographie et instruction civique destiné au jeune tunisien ».

La Tunisie n’est aucunement enracinée uniquement dans une civilisation arabo-musulmane et d’autre part on constate que la mention à l’amazighité n’y apparait même pas. On dit que le jeune tunisien doit « être fier de ses différentes appartenances civilisationnelles anciennes et nouvelles, tunisiennes, maghrébine, arabo-musulmane, africaine et méditerranéenne »

La seule méthode a employer est celle qui nous fera gagner de temps : les nouvelles technologies, la formation des maîtres avec des séjours en Kabylie et au Maroc.

La Fondation Amazighe de Tunisie a publié en 2003 sa déclaration d’intention (appel publié sur Kabyle.com). Nous demandons la création d’une chaîne de radio berbère tunisienne, quitte à ce que cela soit une chaîne en arabe où l’on parle de la culture berbère. Nous demandons à ce que les antennes relais de la radio tunisienne soient retirées des villages berbérophones pour préserver leur cadre naturel et la santé de ses habitants. Nous demandons à ce que Yennayer soit décrétée fête nationale, que les panneaux signalétiques se fassent aussi en tamazight. Après tout même le nom de Tunis a une étymologie amazighe! Nous demandons surtout à ce qu’une exception culturelle s’applique pour la diffusion de notre culture avec des facilités à l’importation et l’exportation des œuvres, de l’artisanat berbère.

Un émetteur radio en plein coeur de Tamezret « à démonter de toute urgence » ! Comment pouvons-nous préserver ce village autrement ?!

Quelles sont les associations amazighes actives en Tunisie?

Les associations amazighes tunisiennes se comptent encore sur les doigts d’une « khamsa ». Walhass Welhazi et son Association Tamazight pour la Culture et des Arts en Tunisie, basée à Tunis, ainsi que celle portée par Slah Ben Mimoun à Djerba (Association amazigh de la Culture et du Patrimoine) sont très actives.

Khadija Ben Saïdane Présidente de l’ACAT (Association Culture Amazigh Tunisienne) et ses amis seront des partenaires incontournables pour nous tous, il ne faut surtout pas que les groupes se scindent. Tous sont encore très jeunes, ils sont pour ainsi dire tous étudiants. Khadija s’investit dans la création d’une chaire de berbère à l’Université.

Nemri Nouri a été jusqu’ici notre principal interlocuteur depuis la création des premières associations et collectifs. Il est membre de l’association de sauvegarde du Patrimoine de Tamazret. 

Kamel Bousetta co-organisateur du Congrès Mondial Amazigh à Djerba compte aussi parmi les défenseurs de notre identité.

Walhass Welhazi – Association Tamazight pour la Culture et des Arts en Tunisie

Ahmed Ayeb – Pour de nouvelles initiatives économiques amazighes en Tunisie (interview à paraître sur Amazighnews.com)

 

Quelles sont leurs revendications? Sont-elles d’ordre culturelles, politiques, identitaires?

L’orientation est principalement culturelle. Les associations djerbiennes et celles de Matmata organisent des festivals locaux. Elles sont volontaires pour créer des centres de ressources avec une stratégie et des relais capables de produire leur effet sur le long terme.

L’affirmation identitaire de Welhass Welhazzi est sans doute beaucoup plus appuyée. Sa connaissance du domaine amazighe est comparable à celle d’un militant kabyle confirmé. Je mets beaucoup d’espoir dans leurs actions futures. Le fait de voir les drapeaux dans les manifestations populaires, dans les vitrines des confectionneurs de drapeau nahj bacha par les descendants de la commune de Douiret est déjà un acte de résistance et un acte identitaire très fort. Le symbole c’est vraiment l’unificateur !

Quelles sont les pistes qu’elles comptent emprunter pour arriver à leurs fins?

Elles pourraient avoir une influence politique plus affirmée, mieux s’organiser en travaillant sur du factuel, en publiant des rapports, en envoyant des lettres ouvertes aux politiques. L’ACAT a su se rapprocher du Congrès Mondial Amazigh, des associations des droits de l’homme, de quelques journaux francophones. J’ai bien peur qu’elles perdent trop de temps sur les réseaux sociaux, dans la sensibilisation citoyenne virtuelle, ou dans les seuls projets d’expression artistique.

Elles explorent toutes les pistes mais pas celles de la politique par peur de la répression et donc de l’échec.

Où le mouvement amazigh est-il le plus fort en Tunisie?

Un Mouvement Berbère Tunisien n’a pour l’instant jamais vu le jour en Tunisie. Ce serait un préambule à la lutte politique et identitaire, malheureusement les arabo-islamistes ont toujours su modeler la population à leur avantage. Les Amazighs ne représentent pas une force en tant que tel bien qu’une révolution culturelle se déroule sous nos yeux  que j’appelle la révolution des guernines (fleurs de nos montagnes): les Tunisiens s’affirment de plus en plus Amazighs. Les Amazighs de Tunisie sont attachés à leur tunisianité et ne manifestent pas de volonté d’autodétermination. Les Amazighs n’ont pas intérêt à jouer la carte de la division. Les Tunisiens sont majoritairement arabophones et majoritairement berbères aussi. Je suis enclin à penser que le mouvement amazigh est le plus fort quand il s’inscrit à l’échelle nationale tunisienne.

Yennayer (Jour de l’An) à Tamazret – Les Amazighs ressortent les grands plats et traditions d’antan ! (vidéo de la préparation sur Tunisie-amazigh.com)

Kamel Bousetta et Nemri Nouri à Tamazret

 

Les militants amazighs tunisiens se rendent ils souvent en Algérie, au Maroc pour rencontrer les militants de ces pays?

Vous n’êtes pas sans savoir que la Kabylie est quadrillée et constamment occupée depuis 2001. Il en va de même pour les Aurès. Son hymne national devrait être divulgué prochainement. Nous sommes donc très contrôlés dans nos déplacements et nos communications. Les autorités culturelles nationales algériennes et marocaines essayent d’attirer vers elles les sympathisants de la cause amazighe tunisienne. Un séminaire a été annulé cette année à la dernière minute. Il est bien difficile d’accorder toute notre confiance aux APC (préfectures) à des associations kabyles soutenues indirectement par les autorités d’Alger. Elles seules sont capables d’héberger et de cofinancer ces voyages. En tout état de cause les Tunisiens amazighophones ou arabophones font partie intégrante d’une supra-nation qui transcende les sous-groupes ethniques et les frontières géopolitiques actuelles, la Tamazgha. Les échanges se développeront, encore faut-il repenser notre espace commun et reconsidérer notre potentiel. Les Tunisiens sont redevenus un apport essentiel au mouvement berbère dans son ensemble. On voit le drapeau tunisien maintenant dans la plupart des manifestations c’est à mes yeux un acte refondateur.

Tunisie-amazigh.com

 

Maison des jeunes de Guellala – Exposition pour le première fête de la révolution

Maison des jeunes de Guellala – Exposition

Guellal (iqellalen) – Four du potier.  Un signe de la main en trident, celui des Amazighs !

Ghorf de Tamezret – Nemri Nouri (anciennes maisons qui se servent aujourd’hui de greniers agricoles)

Houmt Souk – « Restaurant le Berbère bientôt on y entendra parler la chelha »

Salon de thé berbère en chantier à Tunis

Slogan sur les murs « Quelle est belle la Tunisie sans Ben Ali et les Trabelsi »

Vue panoramique, de ces premières montagnes les Matmata contrôlaient toutes les incursions sur plusieurs dizaines de kilomètres.

Artisanat berbère tunisien souks de Tunis

Stratégies identitaires de conservation du patrimoine amazigh en Tunisie

A travers le discours visuel du signes et du sens – Nombreuses sont les recherches et les études qui portent sur la culture berbère (Amazigh)au Maghreb, en général.En revanche, en Tunisie, on remarque l’absence d’une étude spécifique sur la culture berbère tunisienne.

Par Monia Houdeville

Introduction

Nombreuses sont les recherches et les études qui portent sur la culture berbère (Amazigh)au Maghreb, en général.En revanche, en Tunisie, on remarque l’absence d’une étude spécifique sur la culture berbère tunisienne.

En outre, la population amazighophone, en Tunisie, reste marginalisée,elle nereprésenterait environ que 10 % de la population totale du pays et se situerait principalement, dans le sud de la Tunisie (Djerba, Matmata, Tataouine,Médenine,Kebili,Tozeur).

Néanmoins, il subsiste, également, plusieurs groupes formant des villages de quelques centaines à plusieurs milliers de personnes sur la côte méditerranéenne et à l’ouest, lelong de la frontière avec l’Algérie (Monts deTebes, saEl Kef, Siliana), ainsi que dans la région de Gafsa.

 

Les amazighs sont, cependant, nombreux à avoir émigré en Europe et dans les grandes villes tunisiennes où ils exercent, notamment, les métiers d’artisan et de commerçant.

L’objectif de notre projet est d’étendre les savoirs sur la culture berbère, en Tunisie, en mettant l’accent, en particulier, sur les dialectiques identitaires, L’on peut dire, en effet, que l’identité amazighe, en Tunisie, est une identité reniée.

 

Par conséquent, notre rôle – en tant que chercheurs – est de valoriser les stratégies de développement de la culture amazighe en Tunisie et pour ce faire, on a choisi les métiers du patrimoine comme cas d’étude.

 

Ce choix n’est pas arbitraire,il se justifie par plusieurs raisons et notamment, la , les amazighs sont, cependant, nombreux à avoir émigré en Europe et dans les richesse artistique et symbolique de ce patrimoine qui peut refléter le lien étroit entre les patrimoines matériel et immatériel, à travers un discours d’images et de symboles .

 

Au cours de ce travail de recherche, on va sortir l’étude du patrimoine de son cadre classique pour la revêtir d’un aspect philosophique qui peut donner une dimension plus vaste et profonde à notre recherche.Dans ce dessein, l’on mettra en exergue l’identité visuelle du signe, à travers la technologie numérique et ce, en relation avec la dimension historique de la mémoire berbère en Tunisie.

Les problématiques

Quelles sont les caractéristiques des métiers du patrimoine berbère tunisien, à travers la sémiologie de l’image?

Que signifie le discours visuel identitaire?

Comment s’exprime la dialectique authenticité _ modernité du patrimoine berbère?

Méthodologie

Pour répondre à la plupart de ces problématiques , notre projet se divise en quatre stratégies globales :

Stratégie I : Analyse historique

La problématique des minorités berbères en Tunisie : Dans cette première partie, on va adopter une approche, à la fois historique et géographique, des Amazighs tunisiens.

Ensuite, on va déterminer la terminologie qui sera utilisée durant cette recherche (berbère, Amazigh?), en soulignant la différenciation qu’il faut faire entre ces deux termes. La fin de cette partie sera consacrée à l’étude des caractéristiques culturelles berbères

tunisiennes (langage, religion, tradition et artisanat), ce qui nous amènera,progressivement, à la deuxième stratégies du projet.

Stratégies II : Analyse descriptive

La philosophie de la sémiologie de l’image berbère (signes) :

Les décors et les motifs berbères ont toujours suscité beaucoup d’intérêt de la part des historiens, des linguistes, des ethnologues et même des psychanalystes.

_En tant que chercheurs du patrimoine_ notre rôle sera : bien analyser et étudier cet héritage immatériel très riche.

Tout d’abord, on va jouer sur la sémiologie du signe et des symboles de quelques pièces de poterie berbère «Ideqqi » (ce mot désigne poterie traditionnelle du nord d’Afrique).

 

Notre terrain de recherche sera la région du Sejnane ( Ville située au nord-ouest de la Tunisie) connu par ses belles poteries berbères.

 

En second lieu, on va étudier les sémiotiques décoratives, iconiques et figuratives, à travers quelques œuvres du tissage berbère,notre terrain d’études sera la région de Tamazret (Village berbère située au sud de la Tunisie à une dizaine Km du Matmata).

 

Enfin, à travers ce voyage nord _ sud on va découvrir la richesse de notre patrimoine imaginaire , puis on va déterminer la relation entre la sémiologie d’image et le discours visuel et identitaire du symbolique berbère ; pour tenter de bien répondre à la problématique de notre projet et passer, ainsi, à la troisième partie.

 

En effet cette stratégie sera un espace descriptif pour montrer la simplicité, la spontanéité des décors berbère,caractériser par un charme particulier qui témoigne une philosophie traditionnelle d’images tous sera véhiculer vers une dimension sacrée de l’imaginaire collective.

 

Finalement on peut conclu que cette interprétation des motifs et décors ornant les poteries et le tissage berbère , n’est toujours pas une science exacte car :

Si ces motifs font depuis toujours l’objet de recherches incessantes, il est encore difficile de déterminer précisément un sens unique et sans équivoque du fait d’une extrême ancienneté de leur origine ,cependant les décors simples et purs utilisés par les femmes berbères de région de Sejnane, souvent inspirées des éléments naturels .

L’environnant tels que le soleil, la lune, les montagnes, des animaux, … ont toujours révélé une symbolique protectrice,étroitement liée à la fertilité de la terre et à la fécondité des femmes.

 

Ces motifs de base archaïques sont des figures géométriques élémentaires : croix,carré, rectangle, triangle, losange, chevron, rosace portent des noms tels que :« papillon », « oiseau », « mouche », « serpent », « scorpion »… qui laissent supposer des significations ancestrales liées au bien et au mal, à l’amour et la haine,à la vérité et au mensonge ou encore à la beauté et la laideur, la couleur participe aussi à la symbolique de l’objet. «Une poterie berbère, habillée et tatouée comme une femme est un objet vivant».

 

De par ses motifs, la poterie berbère ,comme le tissage aussi se distinguent par trois caractères remarquables : l’ornementale et l’identitaire ; chaque région berbère en Tunisie a son décor propre, sa forme,ses couleurs, et sa particularité esthétique. C’est un témoin de l’histoire de sa tribu et celle des rites et superstitions encore d’actualité de nos jours

Stratégies III : Approche réflexive

La philosophie du discours identitaire visuel berbère :

Dans le cadre de cette stratégie , on va baser notre recherche sur une analyse des corpus numériques et ce dans le but de comprendre cette problématique et ses nuances, en opérant une mise au point sur le contexte épistémologique dans lequel se déroule cet usage.

C’est la question de la matrice du sens que nous voulons aborder ici comme mutation et que l’on peut définir, non pas comme des mécanismes d’entrée et de sortie qui constituent des paradigmes pour les technologies de l’information mais comme une sémiologie dynamique de production, d’usage et de réception du sens et du signe berbère.

A cet effet, on va jouer sur la reconnaissance intelligente de l’image sur Internet offrant un horizon de réflexion pour les sciences humaines s’occupant de l’image et particulièrement, la sémiotique de l’identité berbère comme sémiotique-objet.

 

Par exemple , face à un corpus numérique comme celui d’un logo inspiré d’un signe berbère , l’un des problèmes qui se posent ; est celui la relation visuelle entre le format numérique et la figure du monde naturel,et celui de la perception.

 

Cette relation peut être envisagée en deux sens : ou bien comme stylisation et désémantisation des figures visuelles du monde naturel, ou bien comme l’iconisation et naturalisation des formants géométriques et décoratifs.

 

L’étude du champ de l’image berbère sur l’écran repose sur un prélèvement visuel de l’information,dans ce stade d’analyse on est évidemment conduit à renoncer à établir une identité digitale berbère ?

Stratégie IV :Approche critique : Dialectique authenticité mondialisation du patrimoine berbère

Cette partie sera une réflexion critique sur la dialectique passée et future du patrimoine berbère, en jouant sur la nouvelle forme de médiation mémorielle du patrimoine entre le passé et le présent, ainsi que les technologies de l’information, face aux enjeux du patrimoine et usages innovants comme l’apport du numérique.

 

En essayant de valoriser l’« identité » berbère en Tunisie, nous tenterons d’illustrer la capacité des acteurs économiques à « se brancher » sur des imaginaires et des référents identitaires qui circulent à l’échelle mondiale -en invoquant le berbère , le montagnard, l’autochtone- et sur des réseaux d’acteurs mondiaux, susceptibles de soutenir leurs projets et leur discours sur telle ou telle facette de l’identité amazigh en effet un dynamique d’ancrage et un branchement des projets touristiques peuvent mobilisant l’identité berbère ;mérite d’être questionnée dans la mesure où les porteurs de ces projets semblent jouer de cette double dynamique,non seulement pour créer de nouveaux revenus et emplois dans des régions particulièrement marginalisées, mais également, pour renforcer les identités collectives et réinventer leurs liens aux territoires.

Conclusion :

Les stratégies de mise en oeuvre de l’identité berbère en Tunisie sont complexes ;Cette diversité illustre la question centrale de la réinterprétation, de la traduction de référents qui circulent à une échelle mondiale dans leur propre système de références.

L’ancrage territorial des identités produites par les acteurs diffère selon les stratégies, a travers des projets qui valorisent des pratiques et des objets patrimoniaux, les acteurs patrimoniaux et militants contribuent à fabriquer des identités enracinées dans des territoires qu’ils décrivent comme des territoires vécus, appropriés par les habitants.

Cependant, les identités amazighes en Tunisie demeurent hétérogènes, en désaccord avec la connotation politique de l’identité amazighe du pays Aussi est-il possible de distinguer plusieurs identités amazighes ? populaire,patrimoniale, militante et commerciale; Ceux qui conçoivent la berbérité comme une opportunité commerciale et non pas, comme un but en soi, vont à l’encontre de la dynamique de territorialisation des identités: en mobilisant des imaginaires hérités de la colonisation, ils contribuent à élargir le fossé entre les imaginaires des touristes en Tunisie et les identités des acteurs patrimoniaux et militants.

 

L’effort de ces derniers pour être des «passeurs d’identité» est, de plus,entravé par l’absence de soutien des autorités, qui lancent des projets qui ne s’inscrivent pas dans la logique identitaire berbère.

 

Génétiquement, les Nord-africains sont en majorité des Amazighs

On croit reconnaître ici les islamistes tunisiens, dignes héritiers des nomades arabes.

« Le grand nomade a les instincts exactement inverses [de ceux du sédentaire]. Politiquement, c’est un anarchiste, un nihiliste, il a une préférence profonde pour le désordre qui lui ouvre des perspectives. C’est le destructeur, le négateur. »

Dans (Histoire et historiens de l’Algérie, p. 31). Par Émile-Félix Gautier (1864 – 1940), géographe et ethnographe français, spécialiste de l’Afrique du Nord.

On croit reconnaître ici les islamistes tunisiens, dignes héritiers des nomades arabes.

Stèle de Thigibba (Béja – Tunisie)

1. Les Nord-africains avant la conquête arabe

Les pays d’Afrique du Nord ont pris la lointaine succession d’une Africa qui, à la fin de l’Antiquité, a appartenu successivement, pour ses parties citadine et côtière, aux cultures punico berbère puis latino berbère. Par contre, dans les zones intérieures, la population était restée de culture berbère. Remarquons d’abord que la greffe punique a massivement pris sur la population berbère des villes et des zones côtières alors que la greffe latine n’a que peu réussi, malgré sept siècles de présence continue.

Afin de faire connaissance avec nos ancêtres de cette époque, que les Arabes appelaient africains au « afariqa », et qu’on appelle généralement Berbères, citons Ibn Khaldoun (lequel se considérait comme arabe et non comme berbère). 

Il écrit :  « Citons les vertus qui font honneur à l’homme et qui étaient devenues pour les Berbères une seconde nature; leur empressement à s’acquérir des qualités louables, la noblesse d’âme qui les porta au premier rang parmi les nations, les actions par lesquelles ils méritèrent les louanges de l’univers, bravoure et promptitude à défendre leurs hôtes et clients, fidélité aux promesses, aux engagements et aux traités, patience dans l’adversité, fermeté dans les grandes afflictions, douceur de caractère, indulgence pour les défauts d’autrui, éloignement pour la vengeance, bonté pour les malheureux, respect pour les vieillards et les hommes dévots, empressement à soulager les infortunés ; industrie, hospitalité, charité, magnanimité, haine de l’oppression, valeur déployée contre les empires qui les menaçaient, victoires remportées sur les princes de la terre, dévouement à la cause de Dieu et de sa religion; voilà, pour les Berbères, une foule de titres à une haute illustration. » .
Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l’Afrique Septentrionale (1378), Ibn Khaldoun (trad. M. De Slane), éd. Imprimerie du Gouvernement, 1852, t. 1, p. 200

2- La conquête arabe

Le premier événement historique qui bouleversa la structure sociologique du monde maghrébin fut la conquête arabe. Celle-ci se présente d’abord comme une suite d’opérations exclusivement militaires, dans lesquelles le goût du lucre (razzias) se mêlait à l’esprit missionnaire. En bref, les conquérants arabes, peu nombreux, ne trouvèrent pas en face d’eux un État prêt à résister à une invasion, mais des opposants successifs : le patrice byzantin, puis des chefs berbères, principautés après royaumes, tribus après confédérations. Quant à la population citadine, de culture punico berbère, elle resta enfermée dans les murs de ses villes. Bien que fort nombreuse, elle n’a ni la possibilité ni la volonté de résister longtemps à ces nouveaux maîtres. La capitation imposée par les Arabes (un impôt nommé en arabe « kharaj »), n’était guère plus lourde que les exigences du fisc byzantin. L’Ifriqya fut donc facilement conquise.

2.1. La conversion

L’islamisation se fit à un rythme bien plus rapide que l’arabisation. L’Ifriqya devient musulmane en moins de deux siècles (VII-VIIIème siècles), alors qu’elle n’est pas encore arabisée, treize siècles après la première conquête arabe.
L’islamisation et la toute première arabisation furent d’abord citadines. La religion des conquérants s’implanta dans les villes anciennes que visitaient des missionnaires guerriers puis des docteurs voyageurs, rompus aux discussions théologiques. La création de villes nouvelles, véritables centres religieux comme Kairouan, première fondation musulmane (670), et Fez, création d’Idriss II (809), contribua à implanter solidement l’Islam aux deux extrémités du pays. La conversion des Berbères des campagnes, essentiellement Sanhadja et Zénètes, se fit facilement. Ils étaient déjà préparés au monothéisme de l’Islam par le Christianisme. Quoi qu’il en soit, la conversion des chefs de fédérations, souvent plus pour des raisons politiques que par conviction, répandit l’Islam dans le peuple.

Pour pouvoir profiter des gains et des prébendes, en ces temps tumultueux et incertains, il valait mieux se déclarer arabe et musulman, être du côté des vainqueurs et des maîtres. On voit le même phénomène en Tunisie de nos jours : ceux qui veulent profiter des postes de direction et des prébendes qui vont avec, ceux qui veulent caser les membres de leurs familles, se découvrent, soudain, islamistes.  

Cette mentalité s’est incrustée dans la mémoire collective de beaucoup de Maghrébins depuis cette époque : se déclarer arabo-musulman signifiait être du côté des maîtres, des chefs, des prédateurs. Ils ont oublié qu’ils ne sont que (musta’aribine), c’est à dire des « arabisés », des non Arabes qui se prennent pour des Arabes. Les Arabes du Moyen Orient le savent et le répètent les Maghrébins ne pas Arabes, ils sont des Maghrébins, Parmi les pays actuels, dans le monde entier, les seuls pays qui qui refusent d’utiliser les chiffres arabes sont les pays arabes et l’Iran. Pourquoi ? Parce que ces chiffres arabes ont été conçus au Maghreb, à Kairouan, Bougie et Fez. Ils préfèrent donc utiliser les chiffres indiens ou persans, pour bien montrer aux Maghrébins qu’ils ne sont pas arabes. D’où une schizophrénie collective. Personnellement, par ces temps qui courent, je ne trouve aucun honneur à se proclamer Arabe : regardez dans quel état lamentable se trouve le monde dit arabe : guerres de religion, attentats, népotisme, dictature, sous développement, archaïsme, j’en passe et des pires.

2.2. Les mécanismes de l’arabisation

L’arabisation suivit d’autres voies, bien qu’elle fût préparée par l’obligation de prononcer en arabe les quelques phrases essentielles d’adhésion à l’islam. Pendant la première période (VII –XIème siècles), l’arabisation linguistique et culturelle fut d’abord essentiellement citadine.

De nos jours, aucun Maghrébin ne parle arabe à sa naissance, ni n’utilise l’arabe comme langue courante (d’ailleurs aucun Arabe ne parle l’arabe des livres et des journaux). Pour les citadins, l’arabisation s’est résumée à l’introduction, plus ou moins importante, de mots arabes dans le langage courant, le maghrébi, basé sur le punico-berbère. D’origine punico-sémitique, le maghrébi est très voisin de l’arabe, ce qui explique la facilité avec laquelle les citadins ont intégré des rajouts arabes dans leur langue courante. Pour les ruraux berbérophones, l’arabisation a consisté à l’abandon de la langue berbère au profit du maghrébi, rejoignant ainsi les citadins.

Dans l’article intitulé « la langue tunisienne d’hier à aujourd’hui », nous avons vu que le maghribi (ou darija) a un substrat punique qui perdure de nos jours. Nous avons aussi vu, dans l’article intitulé « parenté punico arabe » que la langue arabe littérale d’aujourd’hui et la langue punique d’il y a 3000 ans avaient une étroite parenté. Il est donc tout à fait naturel que la population maghrébine des zones côtières et des villes, qui parlait punique depuis le premier millénaire avant J.C., n’ait trouvé aucune difficulté à parler arabe, langue voisine et héritière de la langue punico-phénicienne.

3. Les invasions arabo-barbares

Partis de leur capitale Mahdia, et aidés par les berbères Sanhadja, les Fatimides conquièrent l’Égypte et établissent leur capitale au Caire (973). Ils laissent le gouvernement du Maghreb à leur lieutenant, Bologgin Ibn Ziri. De cette décision, qui paraissait sage et qui laissait la direction du pays à une dynastie berbère, devait naître la pire catastrophe que connut le Maghreb dans sa très longue histoire. En trois générations, les Zirides relâchent leurs liens de vassalité à l’égard du calife fatimide. Pour punir cette sécession, le calife fatimide «donna» le Maghreb aux tribus bédouines et sauvages arabes qui avaient émigré de Syrie et d’Arabie et qui nomadisaient en Haute Égypte. Les Béni Hilal, bientôt suivis des Béni Soleïm, pénètrent en Ifriqiya en 1051, il y a presque mille ans. Ces tribus occupent un pays ouvert, regroupent leurs forces pour s’emparer des villes qu’elles pillent systématiquement, puis se dispersent à nouveau, portant plus loin pillage et désolation. Dès leur arrivée, les Hilaliens s’étaient attaqués aux vastes terres de parcours qui s’étendaient en Ifriqiya, de Tozeur et du Djérid tunisien jusqu’au sud oranais, refoulant du même coup les berbères Zénètes vers le Tell. Quant aux agriculteurs sédentaires, ils voyaient les troupeaux des intrus dévaster leurs cultures, saccageant leurs jardins. Leurs villages pillés, ils étaient contraints d’aller chercher leur sécurité dans les cités fortifiées. Les citadins eux-mêmes devaient recourir aux « envahisseurs » pour garantir, à haut prix, leur sécurité et leur ravitaillement : des méthodes qu’on qualifierait de maffieuses de nos jours. Naguère vertes et prospères, les plaines algériennes et tunisiennes se désertifient rapidement. Elles ne reverdiront plus jamais.

Mais bien qu’ils aient pillé Kairouan, Mahdia, Tunis et les principales villes d’Ifriqiya, bien qu’Ibn Khaldoun les ait dépeints comme une armée de sauterelles détruisant tout sur son passage, ces hordes sauvages (Béni Hilal, Béni Soleïm et plus tard les Béni Ma’qil) furent bien plus dangereuses par les ferments d’anarchie qu’ils introduisirent au Maghreb et qui continuent de nos jours, sous la forme de hordes islamistes tout aussi sauvages qu’incultes : wahhabites, djihadistes, salafistes, fissistes, nahdhaouis, aqmistes, et autres barbicus islamicus.

Par la double pression des migrations pastorales et des actions guerrières accompagnées de pillages, d’incendies ou de simples chapardages, la marée nomade qui, désormais, s’identifie, dans la plus grande partie du Maghreb, avec l’arabo-islamisme bédouin, s’étend sans cesse, gangrène les États, efface la vie sédentaire des plaines. Le Maghreb ne s’en remettra jamais.
 
Mille ans après, de nouvelles invasions barbares submergent le Maghreb. Au prix de centaines de milliers de morts, l’Algérie a pu y résister. Dignes héritiers de ces hordes bédouines arabes, les islamistes mettent des pays maghrébins (Tunisie, Libye) en coupe réglée, aidés en cela par les esclavagistes arabes du Golfe, sous la protection de l’Axe du Mal Washington / Tel-Aviv. En Tunisie, les villes côtières, autrefois prospères, se clochardisent de plus en plus. Le touriste se fait rare. L’économie périclite. L’insécurité, le vol à la tire ou sous la menace d’armes blanches, les agressions de type maffieux y sont quotidiens, sous l’œil goguenard d’une police amorphe, voire complice. La saleté et les détritus de toute nature jonchent le sol. Les régions à l’origine de la Révolution sont encore plus à l’abandon que sous le précédent régime. C’est sur cette accumulation de misère et d’immondices que l’islamisme prospère ; car être islamiste aujourd’hui, c’est avoir le statut de l’hilalien d’antan.

Hannibal Genséric
     
Libellés : afariqa, africa, arabisation, berbère, Caire, Égypte, fatimides, Hilal, hilalien, Ifriqiya, islamisation, Khaldoun, punique, sanhaja, Soleïm, soleïm, Zirides, Zénètes

La toponymie amazighe de la Tunisie

Les travaux d’Evelyne BEN JAAFAR sur les Noms de lieux en Tunisie parus en 1985 nous éclairent sur les toponymes anciens libyco-berbères qui sont d’après elle le substrat de toutes les régions de Tunisie. Ses analyses associent étroitement l’archéologie, l’histoire et la linguistique. La présence de noms de lieux en tamazight est attestée sur l’ensemble du territoire tunisien non seulement « dans les zones où la pénétration romaine a été plus tradive et superficielle ».

Selon ses recherches le terme Libyen semble avoir été le terme local par lequel s’identifiaient elles-mêmes les populations dans l’Antiquité en Tunisie, en témoigne la mention fréquente du terme « LBY » ou « LBM » sur les stèles à épigraphie punique.

Il semble probale que du terme amazigh libyque « IFRI » (la grotte) se soit formé le nom de la tribu des FRINI IFREN dans le bassin de Carthage.

Les premières inscriptions libyques ont peu apporté à la typonomie et sont apparues tardivement vers le 1er siècle avant J.-C. à Dougga, Ghardimmaou, Makhtar, Tborsoq et dans le Sud.

Sur le littoral des noms de lieux ont une étymologie grecque telle Néapolis qui deviendra Nabeul. Apsis traduite par les romains Clupea deviendra Qlibya ou Kelibia. Ces deux cités ont été fondées par les Grecs de Sicile au Ve siècle av. J.-C..

La romanisation s’est moulée dans les cadres existants. Les créations du 2ème siècle que sont Sufutela (Sbeîtla) et Ammaedra (Hidra) empruntent leur appellation au fond africain. Ad Medara juxtapose la préposition ad qui se retouve en tamazight (par ici)  et en latin ‘vers’) ) à la racine MDR tadart, la parcelle de terre.

Cet autre village amazigh du Sahel Hergla qui servait autrefois d’entrepôt pour les grains, s’appelait Tamalla la ville blanche.

La quasi totalité des noms de villes et villages en Tunisie ont gardé une racine berbère du nord au sud, d’est en ouest. C’est le cas d’Adar au Cap Bon, Henshir Bed (Tamda : le réservoir , le puit en tamazight). Deux villes portent le noms de BEJA qui en tamazight L’BJW signifie la resplendissante, la luxuriante. C’est aussi un prénom féminin berbère.

Nous remarquons aussi que de nombreux lieux en Numidie portent le nom de Ténès (Tunis – Thinissut)*. Que Tunis soit beaucoup plus ancienne que la colonisation phénicienne, on peut le croire mais on ne peut en apporter la preuve. Le fait est que ce toponyme est présent dans d’autres régions de la Tamazgha l’Amazighie, y compris dans l’Ahaggar (Hoggar) où « TNS » signifie « campement, lieu de halte ».

Les travaux d’Evelyne BEN JAAFAR indiquement clairement que le superstrat topnymique arabe ne s’est surimposé que très lentement. « Les noms de lieux qui apparaissent chez les historiens du Xe et XIème sicècle El Yaaqoubi, Ibn Hwaqal, El Bakri sont pour la plupart ceux du Bas Empire romain. Il n’y a eu, de la part des nouveaux arrivants ni volonté systématique, ni possibilité d’imposer la langue arabe. L’arabisation de l’administration et de la monnaie ne se sont réalisées que plus de cent ans après les débuts de la conquête. En outre, l’arabisation a d’abord été un phénomène urbain…

« Le rôle direct de la colonisation sur la toponymie a été peu importante dans la mesure où la Tunisie, dès le départ a été conçue comme une colonie d’exploitation et non de peuplement. A l’Indépendance l’essentiel de la toponymie tunisienne est en place ».

Au lieu d’arabiser les noms de villes et de villages, l’administration bourguibienne à la recherche d’une authenticité tunisienne puisera dans les traditions locales et communautaires. C’est l’époque où le passé punique et amazigh est mis à contribution. « Les noms de complexes hôteliers font sortir des livres d’Histoire, Amicalcar, Jugurtja, tandis que les nouveaux secteurs de 1966 officialisent Haïdra, Telpete, Utique, Chemtou, Bulla Regia souvent oubliées par les populations locales.

L’instauration de panneaux de signalisation en caractères tifinaghs à l’entrée de chaque ville et village pourrait être l’une des premières revendications abouties, facile à mettre en place par les Amazighs tunisiens.

Stéphane ARRAMI – Conférence Les Printemps des Peuples de l’Amazighie Roubaix mai 2011

Bibliographie :

Evelyne Ben Jaafar, agrégé de l’université, Les Noms de lieux en Tunisie Racines Vivantes de l’identité nationale 1985 Coll. Cahier du Ceres Tunis 259 p. Université de Tunis Centre d’Etudes et de Recherches Economiques et Sociales

« Tunis L’Histoire d’une ville » Ed. L’Harmattan 1998 p.54

Lalies 16 Actes des sessions de linguistique et de littéarature Carthage, 21 août – 2 septembre 1995 – Ecole Normale Supérieure Du berbère au libyque : une remontée difficile Lionel GALAND

Histoire des Hautes Steppes Antiquité Moyen Age – actes du Colloque de Sbetla Sesions 1998 et 1999 Textes réunis par Fathi BEJAOUI République tunisienne Ministère de la Culture – Institut National du Patrimoine

Béja: Des élèves agressent une activiste amazighe et la menacent de mort en criant « Allah Akbar » !

C’est de l’obscurantisme et de l’ignorance à l’état brut ce qui s’est passé à Medjez El Bab, gouvernorat de Béja, le 17 octobre 2017.

Dima Trabelsi, activiste amazighe âgée de 20 ans a subi une agression sans pareil. Elle était dans un bus, 4 élèves l’ont violentée et ont insulté sa maman.

Quand elle est descendue du véhicule, ils l’ont suivie, ont essayé de lui arracher ses vêtements et lui ont craché dessus. Un des agresseurs l’a même frappée avec un objet pointu au cou en criant « Allah Akbar ».

Après la scène, Dima Trabelsi a porté plainte auprès du poste de police munie d’un certificat médical.

F.T.

Source : http://highlights.com.tn